ALORS QUE LES INDÉPENDANTS ONT RÉUSSI UNE PERCÉE À TIZI-OUZOU: Le RCD poursuit son règne, le FFS relève la tête

Lesoir; le Samedi 1 Decembre 2012
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Comme de tradition, dans une wilaya où les abstentionnistes ont toujours eu la part belle, les locales permettent de sauver l’apparence avec des taux de participation à même de permettre à Tizi Ouzou de se défaire de son statut du plus mauvais élève des consultations.
Cette fois encore, et même si les taux sont en retrait comparés à ceux enregistrés lors des locales de 2007, Tizi-Ouzou a flirté avec la moyenne nationale en enregistrant 40,56% pour les APC, soit près de 4 points de moins que le taux national, et 36,50% pour l’Assemblée de wilaya, 6 points de moins que la moyenne nationale. Des taux hautement respectables, de l’avis de tous les observateurs, à l’instar de certains partisans, notamment du FFS et du RCD qui, au regard du retour d’écoute qu’ils ont perçu lors d’une campagne exclusivement axée sur la proximité, les deux partis s’attendaient à un peu plus de la part du corps électoral. Mais, ces derniers y compris, il ne s’en est trouvé personne pour faire la fine bouche, du moins quant à la participation en attendant les résultats définitifs. Ceci, même si tous n’ont pas manqué de souligner la désaffection plus que de coutume des inscrits sur les listes de la ville de Tizi-Ouzou, le chef-lieu de wilaya où les électeurs se sont fait réellement désirer. Avec 16,18% et 16,06% respectivement pour les communales et l’APW, l’écrasante majorité des 82 497 Tizi-Ouzéens ont préféré s’affairer à autre chose que de se présenter dans les bureaux de vote. Une situation qui a fait que les résultats des urnes ont donné lieu à une configuration du genre mosaïque à l’APC de Tizi-Ouzou, réputée pour être une des plus délicates à gérer de tout le pays. Mais cela n’empêche pas le RCD, arrivé en tête avec 7 sièges, de dire à travers un de ses candidats, qu’il est prêt à travailler avec ceux qui le veulent bien pour la collectivité. Bien que beaucoup plus marquante qu’à Tizi-Ouzou ville, la participation n’a pas pour autant permis aux Assemblées de s’offrir des partis majoritaires qui puissent avoir toute latitude pour présider aux destinées des APC. En effet, si l’on doit se fier aux résultats partiels, très rares sont les élus qui auront les coudées franches, ceci bien que le RCD ait réussi la notable performance de confirmer qu’il est la première force politique dans la wilaya de Tizi- Ouzou, comme l’illustre la trentaine de communes sur les 67 que compte la wilaya où il est arrivé en tête, avec un total frisant les 300 sièges, performance assortie de véritables «exploits», par exemple à Tadmaït et autre Souk El Tenine, bastions de son rival historique, le FFS, qui, pour sa part, a réussi un tant soit peu à relever la tête si l’on compare ses performances de jeudi à son inquiétant enlisement enregistré lors des locales d’il y a cinq ans. De la tenue des deux compères que sont le RND et le FLN, celui qui doit afficher plus le sourire c’est certainement le RND qui, malgré un recul, s’offre la troisième marche du podium grâce à ses 170 sièges acquis, dont 5 communes où il arrive en tête, au moment où le parti de Belkhadem a senti dans son dos le souffle des indépendants auxquels il faut reconnaître un beau score avec leurs 136 sièges pour se poser en arbitres dans une multitude de communes. Des communes dont deux, celles d’Aïn-El-Hammam et Maâtkas, offrent au MPA d’Amara Benyounès de faire ses premiers pas dans la gestion communale. Quant à la nouvelle configuration de la nouvelle Assemblée de wilaya de Tizi-Ouzou, les 36,5% d’électeurs s’étant prononcés ont donné leurs faveurs au FFS qui talonne le RCD, avec 17 sièges contre 16, au moment où le FLN et le RND se partagent équitablement les 14 sièges restants. Ainsi, en attendant les résultats définitifs, le baromètre que constituent les élections locales a permis de redessiner, dans une petite mesure, la carte politique de la wilaya de Tizi-Ouzou à travers laquelle le RCD peut se targuer d’affirmer qu’il est la première force, le FFS regagner quelques pans de ce qui a fait sa grandeur des années 1990, le FLN et le RND faire pratiquement du sur-place alors que le MPA s’engouffre dans un paysage politique où, comme l’illustrent parfaitement les abstentionnistes, la politique même lorsqu’elle concerne son quotidien directement n’est pas ce qui le «branche» le plus.
M. Azedine

Categorie(s): actualités

Auteur(s): M. Azedine

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