Amara Benyounès en meeting à Aïn-El-hammam :: Défense «d’une opposition forte» et critique de l’ambiguïté du discours du FLN et du RND

Lesoir; le Dimanche 29 Novembre 2015
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La mémoire et l’histoire, la défense de la stabilité
du pays contre les menaces extérieures et la démocratie sont les
maîtres-mots du discours de Amara Benyounès, lors du meeting organisé
par le parti dont il est le secrétaire général, le MPA, dans la journée
d’hier samedi, à Aïn El Hammam.
Se sachant dans une ville attachée à la révolution et à ses symboles, A.
Benyounès a enclenché son discours par un détour par l’histoire. Il a
déroulé la longue liste des grandes figures de la révolution, à l’instar
de Krim, Ben Boulaid, Boudiaf et tous les autres sans omettre Aït Ahmed
et Abane Ramdane dont il a tenu à défendre la mémoire contre ceux dont
il ne citera pas le nom, faisant, certainement allusion à l’ex-colonel
de la Révolution Amar Benaouda et à l’ex-ministre de l’Intérieur, D.
Ould Kablia, les qualifiant de «ceux qui veulent pervertir l’histoire
pour avoir tenté de salir la mémoire de Abane et l’accuser de trahison».
Se référant toujours à l’histoire mais à ses événements les plus
proches, ceux des périodes, avant et poste 1988, le secrétaire général
du MPA s’attaquera aux islamistes et au système du parti unique. Il
refusera la logique de ceux qui veulent le retour au statu quo des
années avant et après 1988. «Non à l’Etat islamique et non au système du
parti unique», s’exclamera Benyounès s’étonnant du fait que les
terroristes qui ont été vaincus militairement et qui se sont rendus
parce que vaincus par la force veulent se réinsérer dans le jeu
politique. «Nous ne voulons pas revenir au système du parti unique, car
il est la cause de l’avènement du terrorisme», argumentera A. Benyounès
qui lancera un appel «aux démocrates où qu’ils se trouvent, dans les
institutions de l’Etat, dans l’opposition ou dans la société civile pour
continuer le combat pour une Algérie libre, démocratique et
républicaine». Amara Benyounès dira sa différence de ceux qui appellent
au verrouillage du jeu politique au nom de la stabilité du pays. «Que le
discours soit bien clair : la stabilité ne veut pas dire retour au
système du parti unique.
La seule chose qui peut nous prémunir contre l’intervention étrangère,
c’est la démocratie», dira A. Benyounès qui s’est montré très critique
contre la duplicité et l’ambiguïté qui caractérisent le discours des
puissances occidentales vis-à-vis du discours islamiste et de son
pendant, le terrorisme quelle que soit son appellation, selon l’orateur
qui a réitéré son inquiétude quant à la déstabilisation qui menace notre
pays en raison des troubles et de l’insécurité que vivent les pays
environnants. Il appellera, dans ce sens à l’union sacrée de tous les
Algériens pour contrecarrer toute menace de déstabilisation. Il
égratignera, au passage, les militants du MAK, sans les citer, rappelant
que si la Kabylie a ses spécificités, le combat doit se poursuivre pour
l’officialisation de la langue amazighe. Appel du cœur ou appel du pied
à l’opposition, l’ex-ministre du Commerce s’est fait le défenseur de
l’opposition et de son droit à «s’exprimer et s’organiser en toute
liberté et dans la transparence». Tout en appelant à «évacuer la
violence verbale dans le débat», Amar Benyounès a appelé à la
construction d’une opposition forte . «Il ne peut y avoir une démocratie
forte, sans une opposition forte», plaidera-t-il. Il ajoutera : «Ceux
qui sont contre que l’opposition s’organise et s’exprime sont pour le
retour au système du parti unique». S’il considère les différentes
offres politiques qui dominent l’actualité, à savoir celle du FLN, celle
des 19-4 ou celle de l’opposition, comme relevant du droit de chacun à
faire des propositions, Amara Benyounès s’est montré critique vis-à-vis
du FLN et du RND.
L’ambiguïté qui caractérise leur discours de ces deux formations n’est
pas du goût du SG du MPA qui leur reproche de faire dans la vente
concomitante, en faisant de leur appel au soutien du programme de
Bouteflika un argument pour réaliser de bons scores aux sénatoriales.
Amara Benyounès a appelé enfin au respect de la légitimité des urnes et
du suffrage universel pour accéder au pouvoir. «Personne ne peut prendre
le pouvoir par la rue ou par les chars de l’armée», dira Amar Benyounès.
Signalons que des chahuts venant de la foule et des sifflets ont été
entendus à la fin de son discours. «Pourquoi vous n’êtes pas venus à Aïn-El-Hammam
en tant que ministre», avons-nous entendu de la bouche d’un jeune qui
semble vouloir reprocher les desseins électoralistes de la visite du SG
du MPA qui s’est rendu à pied, entouré de ses partisans, au siège de l’APC
contrôlée par un élu de son parti.
S. A. M.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): S. A. M.

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