Après les attentats de Paris et de Tunis: Alger sous haute surveillance

Lesoir; le Jeudi 26 Novembre 2015
2

C’est un déploiement policier important que la Sûreté
nationale a mis en place tôt hier dans la capitale. En effet, quelques
heures seulement après l’attentat terroriste qui a ciblé la garde
présidentielle tunisienne en plein cœur de la capitale, la Sûreté
nationale a renforcé sa présence dans les principales artères d’Alger et
autour des édifices diplomatiques.
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - A Alger, on prend la menace
terroriste très au sérieux. Le déploiement policier constaté au
lendemain des attentats terroristes de Paris a été considérablement
renforcé depuis ce mercredi, soit au lendemain des attaques terroristes
contre la garde présidentielle en plein centre-ville de Tunis.
Hier, un tour dans le Grand-Alger nous a permis de constater de visu une
présence policière différente des jours passés. Signe du déploiement :
l’effectif policier qui assure la sécurité aux alentours du Centre
culturel français (CCF), situé à quelques mètres de la Wilaya d’Alger,
en plein centre-ville a été revu à la hausse.
Mieux, des barrières qui ont disparu ces dernières années ont de nouveau
été érigées tout au long de l’édifice. Même constat au niveau du lycée
Roland-Dumas situé dans le quartier résidentiel des Asphodèles à Ben
Aknoun ou encore aux alentours de la résidence de l’ambassade de France
sise à El-Biar. Toutefois, selon des sources sécuritaires, le
déploiement policier dans la capitale ne fait pas suite aux événements
survenus en France ou en Tunisie. «Il fait partie d’une stratégie
sécuritaire nationale que nous avons mise en place depuis longtemps»,
nous confie une source policière.

La BRI sur le terrain
Sur le terrain, plus exactement au centre-ville d’Alger, des policiers
en civil ou en tenue sont déployés tout au long de Didouche-Mourad,
Zighoud-Youcef et Hassiba-Ben-Bouali.
Ainsi, outre les policiers en charge de réguler la circulation, dont le
nombre a été également doublé, des policiers qui ont jusque-là agi dans
la discrétion la plus totale sillonnent les principales artères de la
capitale. Il s’agit de l’élite de la police judiciaire, communément
appelée la Brigade de recherche et d’intervention (BRI).
Portant des armes d’un autre genre, les éléments de la BRI en groupes de
trois font le va-et-vient tout au long de la rue Didouche-Mourad. Leur
présence attire les regards des citoyens, que certains n’hésitent pas à
prendre en photo. Sur les hauteurs d’Alger, plus exactement du côté des
quartiers d’El Biar, de Hydra ou encore de Ben Aknoun, lieux où sont
situés une grande partie des résidences et autres édifices
diplomatiques, la présence policière est également très remarquée. A ce
niveau, le dispositif sécuritaire a été renforcé par des policiers en
civil.
A l’intérieur de voitures banalisées, ils suivent discrètement les
va-et-vient des gens. Ce décor est perceptible notamment au niveau de
plusieurs ambassades de pays occidentaux.
Pour rappel, au lendemain des attentats de Paris, l’ambassadeur français
à Alger, dans un message envoyé aux ressortissants français vivant à
Alger, a indiqué, «j’ai demandé aux autorités algériennes de bien
vouloir renforcer les dispositifs de sécurité auprès des principaux
sites français en Algérie, notamment nos écoles et nos institutions (…)
car nous ne pouvons exclure que ceux qui ont commis l’irréparable hier à
Paris et à Saint-Denis cherchent également à s’en prendre à nos
compatriotes ou à des implantations symboliques, hors de France».

Appel à la vigilance
Coïncidence : ce redéploiement policier notamment dans la capitale a été
implicitement annoncé mardi soir par le premier responsable de la
Direction générale de la Sûreté nationale. En tournée à l’est du pays,
M. Abdelghani Hamel a lancé depuis Annaba un appel à la vigilance. Pour
le premier responsable de la DGSN, «la vigilance face au danger
terroriste doit faire partie du comportement de tous les jours des
citoyens algériens». «Le terrorisme, aujourd’hui transfrontalier,
requiert la vigilance du citoyen en appui au rôle dévolu à l’Etat en
matière de coordination et de mise en place de tous les moyens à même de
faire face à ce phénomène et à sa propagation», a souligné le DGSN dans
une conférence de presse organisée à l’école de police Hadi-Khediri.
M. Hamel a évoqué «l’expérience acquise par l’Algérie en matière de
lutte contre le terrorisme», devenue «une référence qui retient
aujourd’hui l’attention de nombreux pays». Information de taille : le
premier responsable de la Sûreté nationale avait annoncé que la
couverture sécuritaire du pays est de 80%, tout en plaidant «pour plus
d’efforts pour atteindre un taux de couverture de 100% à la faveur de la
modernisation des moyens d’investigation et d’intervention et grâce à la
formation des éléments formant ce corps constitué».
A. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. B.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..