APRÈS UN SECOND ROUND DE NÉGOCIATIONS: Charfi prêt à céder aux doléances des avocats

Lesoir; le Dimanche 16 Decembre 2012
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Le ministre de la Justice serait sur le point de céder sur un grand nombre de revendications avancées par l’Union nationale des barreaux d’Algérie (UNAB). C’est ce qu’indique une source proche des robes noires et ayant participé au second round des négociations entre le ministre de la Justice et des représentants de l’UNAB.
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - La rencontre qui dure encore au
moment où nous mettons sous presse, a été qualifiée de «décisive» dans
la mesure où les deux parties ont campé sur leurs décisions. Aux
dernières nouvelles, on apprend que le ministre de tutelle aurait fait
marche arrière, en concédant une grande partie des revendications des
avocats. Ces derniers avaient d’ailleurs ouvertement affiché leur
détermination pour claquer la porte, dans le cas où la tutelle refuse de
«donner suite à nos revendications» et par voie de conséquence brandir
la menace de boycott de la cérémonie portant ouverture de l’année
judiciaire. Il est à noter, que la rencontre en question avait démarré,
hier au siège du ministère avec pour principal ordre du jour «la
définition d'une plate-forme consensuelle entre le ministère de tutelle
et les revendications soumises par les avocats concernant la loi sur les
avocats». Selon l’agence APS, la rencontre s'est déroulée en présence du
ministre de la Justice, Garde des sceaux, M. Mohamed Charfi, des
représentants des avocats et des cadres du ministère de la Justice. Il
s'agit de la deuxième rencontre après la décision de l'assemblée
générale de l'UNBA du 17 novembre dernier de boycotter toutes les
audiences qui étaient programmées du 2 au 6 décembre au niveau national,
ainsi que de la cérémonie officielle de l'ouverture de l'année
judiciaire 2012-2013 présidée par le président de la République. Le
Barreau exige la révision du projet de loi portant statut d'avocat et
propose, l'amendement de 64 articles parmi les 120 prévus par la loi en
question. Pour rappel, les robes noires estiment que ce projet de loi
porte, non seulement, atteinte à l'indépendance de leur profession, mais
les empêche aussi d'accomplir leur mission loin de toute contrainte ou
pression. D'ailleurs, de nombreux avocats ont qualifié le projet en
question d'entrave et de régression, voire de menace à l'exercice de la
profession. «Nous demandons la suppression de ce projet qui menace notre
profession d'avocat», dira une jeune avocate rencontrée au tribunal
d’Alger. Cet avant-projet de loi, dit-elle, risque d'engager la
profession dans une régression à l'égard de toute velléité d'ambition
pour la construction d'un Etat de droit. En outre, ce texte,
ajoute-t-elle, est une atteinte aux droits de la défense, une
disposition, dont l'objectif est de mettre l'avocat sous la coupe du
parquet. Comme pour mettre en évidence les droits de la défense,
l'avocate précise que ceux-ci existent, bel et bien avant la justice,
soutenant que personne ne peut brider les avocats.
A. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. B.

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