Baccalauréat: Le long chemin de la réhabilitation

Lesoir; le Jeudi 4 Decembre 2014
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Des sujets d’examen qui réhabilitent l’intelligence,
ce ne sera pas pour cette session du baccalauréat. Pour y arriver, le
ministère de l’Education devra d’abord former les enseignants à
l’approche par compétence introduite en 2002 sans que le corps
enseignant y soit préparé.

Nawal Imès - Alger (Le Soir)
De l’aveu même de l’inspecteur général du ministère de l’Education,
l’acte pédagogique est resté «figé». La réforme de 2002 avait certes
introduit la notion de l’approche par compétence mais sans jamais donner
toute la place à la formation des enseignants. C’est d’ailleurs ce qui
peut être reproché à cette réforme selon l’inspecteur général du
département de Benghebrit qui était hier l’invité du forum du quotidien
El Wassat. Résultat, plutôt que de mobiliser l’intelligence des
apprenants, l’école a opté pour le modèle qui se contente de leur
demander de restituer intégralement ce qui avait été enseigné.
Conséquence : les sujets du baccalauréat ont petit à petit été
dépouillés des questions indirectes pour ne laisser place pratiquement
qu’aux questions directes ne nécessitant ni esprit de synthèse ni
réflexion. Cela changera-t-il ? Pas tout de suite, répond l’inspecteur
général qui explique qu’un tel chantier nécessite la formation des
enseignants à l’approche par compétence.
Abondant dans le même sens, Ahmed Tessa, conseiller auprès de la
ministre de l’Education, a expliqué comment les méthodes d’enseignement
ont poussé l’élève à abandonner l’esprit de synthèse, la réflexion et
l’esprit critique. Résultat : les bacheliers accèdent à l’université
sans maîtriser des prérequis et 35% d’entre eux refont leur première
année universitaire. Très souvent, ces mêmes bacheliers n’ont reçu que
25 semaines d’enseignement sur les 32 prévues initialement.
Une situation qui a servi d’alibi pour l’instauration de la «ataba». Un
OVNI pédagogique qui disparaîtra cette année avec l’objectif de
réhabiliter le bac algérien.
La réflexion autour de l’orientation des élèves sera également initiée à
la faveur de l’évaluation du cycle secondaire. Abordant la question des
conflits sociaux, l’inspecteur général a rappelé que pas moins de 45
rencontres avec les partenaires sociaux avaient été organisées depuis le
mois d’août dernier. Force est de constater qu’elles n’ont pas permis
d’instaurer la paix dans le secteur. La grève des intendants en est la
preuve. A ce sujet, un groupe de travail a été mis en place pour prendre
en charge leurs préoccupations. Le département de Benghebrit est en
attente d’une réponse du gouvernement. Concernant la grève à laquelle a
appelé le Cnapest, le conseiller de la ministre de l’Education a fait
savoir que la ministre de l’Education recevait hier matin les
représentants dudit syndicat pour tenter de trouver un terrain
d’entente.
Afin de trouver une solution plus globale, le département de l’éducation
lance l’idée d’un pacte pédagogique qui mettrait l’école à l’abri des
perturbations.
N. I.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): N. I.

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