Cinquième jour du procès Khalifa: Le notaire sur les traces de Abdelmoumène Khalifa

Lesoir; le Lundi 11 Mai 2015
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Cinquième jour du procès Khalifa. Une journée marquée
par la fin de l’audition de Abdelmoumène Khalifa et le début de celle du
très affaibli notaire, Omar Rahal. Les deux accusés nient en bloc les
faits qui leur sont reprochés.

Nawal Imés - Alger (Le Soir)
Une heure et demie durant, Abdelmoumène Khalifa a été questionné par
ses avocats. Objectif de ces derniers : prouver la bonne foi de leur
client qui, dès le début de son audition par le tribunal criminel,
dévoilait sa stratégie de défense consistant à tout nier.
Objet des questionnements des avocats, la constitution de Khalifa Bank.
Maître Lezzar s’attache à prouver que la banque avait été créée grâce
aux revenus de KRG Pharma et Pharma production.
Une version que l’accusé avait défendue dès le début de son audition. Il
la maintient : les quelques milliards de bénéfices générés par ses deux
entreprises ont été à l’origine de la création de sa banque et non le
crédit contracté auprès de la BDL. Le juge revient à la charge pour
rappeler à l’accusé qu’il avait obtenu le registre du commerce avant
même l’acte de création de la banque. Khalifa se défend et évoque une
autorisation de constitution valable une année. Au tour du procureur
général de prendre la parole. Il s’intéresse à la dénomination de Al
Khalifa. «Est-ce pour faire croire qu’il s'agit d'une banque appartenant
à une dynastie du Golfe et arnaquer les clients ?» demande-t-il à un
accusé qui répond «non. Le monde sait que je suis algérien». Et le
procureur général de le relancer sur la libération du capital. Là aussi,
l’accusé maintient la même version : les 125 millions ont bel et bien
été déposés. Au terme d’une heure et demie de questions-réponses, c’est
au tour du notaire, Omar Rahal, d’être appelé à la barre.

Rahal, fatigué, nie tout
Affaibli et visiblement malade, le notaire répondra assis aux questions
des juges. Tout comme il l’avait fait avec le précédent accusé, le juge
lui rappelle les charges qui sont retenues contre lui, à savoir faux et
usage de faux.
Le président du tribunal l’interroge sur la rédaction de l’acte de
constitution de la banque. Il répond que pour lui, tout le processus
s’était fait dans les conditions légales. Le notaire fait preuve de
confusion : il affirme tantôt avoir reçu le document attestant avoir
reçu des mains de Khalifa le reçu de versement du capital avant de dire
le contraire. Au juge qui lui demande d’être précis, Omar Rahal répond
«je pensais que tout avait été réglé. Les 125 millions de dinars ont été
rassemblés par les actionnaires. Quant à leur dépôt, c'est leur
problème».
Tout au long de son audition, le notaire s’en tiendra à cette ligne de
défense en affirmant qu’en tant que notaire, il avait fait son travail
et que tout le reste était du ressort des associés de Khalifa Bank. Le
juge lui rappelle, néanmoins, les dispositions de la loi sur la monnaie
et le crédit en la matière. Le notaire n’en démord pas. Il maintient
cette même ligne de défense lorsque le juge l’interroge au sujet du
changement de statuts : il renie les propos qu’il avait tenus chez le
juge d’instruction et selon lesquels les associés ne lui avaient pas
transmis des documents attestant ses changements. «J’étais malade», se
défend le notaire et «j’ai agi de bonne foi».
Au tour des hypothèques du domicile familial et de KRG. Là aussi, le
notaire affirme ne pas en être le signataire et n’en avoir pris
connaissance qu’au moment de l’instruction. Le juge lui rappelle qu’il
n’était pas poursuivi pour la falsification des actes d'hypothèque. Aux
alentours de 13 heures, une coupure d’électricité contraint le juge à
lever la séance. Elle reprendra une heure plus tard avec la poursuite de
l’audition du notaire. Ce dernier sera par la suite entendu par ses
avocats avant que ce ne soit au tour des autres accusés de répondre aux
questions du tribunal criminel. Ils sont au total 75 accusés. 21 d’entre
eux sont en détention, les autres comparaissent libres.
N. I

Categorie(s): actualités

Auteur(s): N. I

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