CLÔTURE DES TRAVAUX DU 7E CONSEIL D’ASSOCIATION UNION EUROPÉENNE-ALGÉRIE: Alger, coquelicot sur un rocher

Lesoir; le Samedi 8 Decembre 2012
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De notre bureau de Bruxelles,
Aziouz Mokhtari
Dès l’entame des négociations entre Bruxelles et Alger, Mourad
Medelci savait, parfaitement, que cette fois-ci, l’Europe était bien
disposée à l’égard de l’Algérie. Non pas que les 27 aient été saisis par
la grâce en cette veille de Noël, ni qu’ils soient devenus, subitement,
philanthropes, rien de cela, non !Le rapport de force dans la région Méditerranée du Sud et celle du Nord, chutes des ex-chouchous de Bruxelles, Moubarak et Ben Ali, le printemps dit arabe qui vire à un hiver des plus rudes, la crise en Europe, la grosse cagnotte dont dispose notre pays, font que, désormais, l’Algérie peut négocier avantageusement. Ce que, d’ailleurs, les Algériens n’ont pas manqué de rappeler à leurs interlocuteurs. Le ministre algérien des Affaires étrangères a délivré ce message, ici. L’Algérie est un pays stable, crédible et présente des garanties et une solvabilité qui existent, rarement, aux alentours. Il est vrai que vu les situations grecque, espagnole, égyptienne, tunisienne, libyenne, italienne, portugaise et un peu plus loin vers le Nord, vers l’Islande ou l’Ecosse, Bruxelles ne peut que se réjouir de l’aubaine Algérie. Avant même le début des pourparlers du Conseil d’association, une information a circulé dans les coulisses de la Commission et du Parlement européens évoquant un accord de partenariat stratégique entre l’UE et l’Algérie début 2013. Selon des indiscrétions, sans doute savamment distillées lors de la présence de la délégation algérienne dans la capitale européenne, les experts auraient finalisé le tout. Gunther Oettinger, commissaire européen à l’énergie, paraphera, est-il dit, l’accord à Alger, le printemps prochain. S’il n’était pas, expressément, mentionné à l’ordre du jour de cette session, le partenariat énergétique est, l’on s’en doute bien un peu, un grand marqueur de la relation entre les deux parties... Concernant la session de mercredi et de jeudi dernier, cette instance prévue par l’Accord d'association signé en 2005, dite Conseil d’association, est le mécanisme suprême d’évaluation et de la mise en œuvre du traité. Côté européen, Chypre assurait la présidence. Il a été donc question de démantèlement tarifaire où un accord a été trouvé sur d’autres questions, l’Algérie a souhaité et obtenu que les 5+5 (Etats de la rive nord et rive sud de la Méditerranée) soient le vecteur de la coopération régionale. Coopération qui, selon Alger, doit être à géométrie variable en Méditerranée. Sur le Sahel, c’est-à-dire le Nord-Mali, l’Algérie a évoqué les principes sur lesquels sont ancrées sa vision et sa diplomatie. Une sortie de crise pacifique et négociée, un appui aux forces maliennes et souveraineté et intégrité du territoire malien. Il est vrai que plusieurs capitales européennes se rangent, désormais, du côté de la position algérienne. Lors de sa virée bruxelloise, Mourad Medelci a eu à enregistrer au palais d’Egmont, haut lieu de la stratégie diplomatique belge, le ministre des Affaires étrangères du Royaume de Belgique affirmer «qu’entre nous (Belgique et Algérie, ndlr), il y a plus que des convergences de vues sur la situation au Nord-Mali». Ce qui, évidemment, n’a pas déplu du tout à Medelci. La 7e session du Conseil d’association Union européenne-Algérie n’a pas dévoilé de grandes divergences entre Bruxelles et Alger. Les intérêts communs sont, c’est certain, la meilleure garantie diplomatique, et pour emprunter à Lapalisse, mieux vaut négocier dans un rapport de force favorable que défavorable...
A. M.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. M.

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