CONFÉRENCE DE NORDINE AÏT-HAMMOUDA À AZAZGA :: «L’Algérie n’est pas un Etat-Nation mais un pays tribal»

Lesoir; le Dimanche 10 Novembre 2013
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Invité de la section locale du RCD pour donner une
conférence-débats sur le thème «1er Novembre, espoir et trahison»,
Nordine Aït-Hamouda a apporté un son discordant sur cette date-symbole
qui tranche avec le discours officiel véhiculé à cette occasion.
A commencer par le congrès de la Soummam boudé par Ben Bella parce qu’il
ne porte pas le sceau de l’arabité et de l’islamité, et par ses pairs
qui ont préféré se calfeutrer dans les douillettes retraites de Rome et
du Caire contrairement à Ben M’hidi qui a fait un véritable périple pour
assister à ce conclave qui allait jeter les bases et les fondements de
la Révolution.
Pour le conférencier, le choix du site était un prétexte fallacieux car
la Kabylie était la région la plus sécurisée pour accueillir une réunion
des chefs historiques dans un congrès dont Amirouche, alors commandant,
n’était chargé que de la sécurité, ceci pour évacuer les allégations de
Kafi qui le tenait pour responsable de sa non-invitation à ce congrès.

L’ex-député de la nation ne prend pas de gants pour dire que la tête de
Abane était mise à prix pour isoler Krim. Selon l’orateur, s’il n’était
pas question d’éliminer physiquement Abane, un consensus s’était
toutefois dégagé pour le mettre hors-champ. Mais son sort était décidé
par Boussouf qui ne lui pardonnera jamais d’avoir initié le congrès de
la Soummam. C’était aussi une manière de réduire considérablement
l’autorité de Krim, responsable de la Wilaya III et d’asphyxier les
Wilayas III et IV avec l’arrêt de leur approvisionnement en armes,
munitions et logistique.
La base de l’est ? Une fumisterie découlant de la stratégie du Malg,
selon le conférencier qui précise que cette base n’a existé que dans
l’esprit de ses concepteurs pour servir de contrepoids aux Wilayas
présentes sur le terrain.
Le conférencier reviendra également sur la mission de Amirouche en
Tunisie pour demander des comptes et remettre son rapport au CCE,
documents authentiques à l’appui. Son sort était également scellé dès
lors qu’il s’aventurait sur un terrain miné, sa liquidation et par
là-même la Wilaya III, était impérative et Mohamedi Saïd, récupéré par
Boussouf en savait quelque chose, lui qui n’était pas sans savoir que
Amirouche n’allait pas revenir, avait envoyé Oumira et Vrirouch pour
prendre la Wilaya III laissée par Amirouche, l’adjoint de Krim, à Mohand
Oulhadj en attendant son retour de Tunisie. Cela avant que Krim, premier
responsable de la Wilaya III n’ordonne à tous les officiers, y compris
Mira, de se soumettre à la responsabilité de Mohand Oulhadj.
S’offusquant que Abane, architecte de la Révolution est qualifié de
traître, il s’interroge pourquoi on a baptisé un aéroport au nom de
Messali El Hadj dont les antécédents sont connus de tous, ironisant dans
la foulée sur le pourquoi de la non-réhabilitation de son lieutenant
Bellounis. «Parce qu’il n’est pas de Tlemcen», enchaîne-t-il pour
stigmatiser le régionalisme ?
Pour le conférencier, il n’y a pas photo entre l’Algérie de 1956
illuminée et sublimée par Abane, Krim et Ben M’hidi et celle de Saïdani,
Ghoul et Benyounès ternie en 2013. L’affaire de la bleuïte, une
opération militaire orchestrée par les services de renseignements
français en riposte à l’affaire L’oiseau bleu qui a permis en quelques
jours de récupérer 1 200 armes, et de l’argent au profit du FLN. Il
trouve suspect que l’on ne parle plus soudain de Chakib Khelil sur
lequel pèsent de lourdes accusations de corruption dans l’affaire
Sonatrach.
La candidature de Yasmina Khadra aux présidentielles est une aberration,
affirme l’orateur qui doute même de ses capacités d’écrivain : «Si je me
porte candidat et que je constate qu’il y a fraude, à qui me plaindre ?
Au ministère de la Justice ? Ils sont de la tribu de Msirda, au Conseil
constitutionnel ? Ses membres aussi. Alors je n’y vais pas.»
L’orateur ne s’étonne pas que Amara Benyounès fasse lui aussi acte de
candidature, estimant que les candidats ne se bousculeront pas à cette
échéance. Il se demande aussi pourquoi il n’y a même pas cette
«reconnaissance du ventre» à l’égard de celui qui a donné poste et
argent, riant de ce tapage autour d’une candidature que même l’intéressé
et ses proches n’ont pas annoncée.
Toujours lors des débats, le conférencier qui indique qu’à chaque
échéance importante du pays, on nous invente quelque chose pour
détourner l’opinion des vrais problèmes que vit le pays, a invité à ne
pas se tromper d’ennemi, soulignant le rôle majeur du Maroc durant la
Révolution qui a servi de base arrière à la Révolution.
En plus de soutenir l’Algérie, ironise-t-il encore «il nous a même donné
un président et des ministres». Ferhat Imazighen Imoula, digne fils de
chahid et militant des causes démocratiques condamné par la cour de
Sûreté de l’Etat et emprisonné à Berrouaghia, voué aux gémonies est
libre de ses opinions. Il se rappelle qu’étant en cellule à Berrouaghia,
on a daigné contester à son père , sa qualité de chahid largement
reconnue dans sa région classée zone interdite dans son village qui
compte 69 martyrs pour 200 habitants, Ferhat étant alors en cellule, ce
qui avait nécessité le déplacement d’une délégation de moudjahidine pour
rétablir la vérité. Aux jeunes, il lancera un appel lancinant
«réinventez le 1er-Novembre» exhortant à l’exemple de Hamou Amirouche
qui, du haut de ses 17 ans avait traversé, avec 400 millions sur le dos,
des centaines de kilomètres de la Soummam jusqu’en Tunisie au milieu de
la fournaise, du napalm et des embuscades sur un itinéraire de mort,
cela pour que vive l’Algérie libre et indépendante.
S. Hammoum

Categorie(s): actualités

Auteur(s): S. Hammoum

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