Conférence des parties (COP21) sur le climat: 12 jours, et 1 450 points de désaccord

Lesoir; le Lundi 30 Novembre 2015
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De Paris, Ahmed Halli
L’objectif de ce sommet mondial sur le climat est de sauver la
planète, menacée de mort par tous les polluants industriels et agricoles
qu’elle subit, mais l’enjeu dont on parle le plus se résume à cette
phrase : pourvu qu’il ne se passe rien.
Après les attentats du 13 novembre, et la fusillade de Saint-Denis,
quelques jours après, le dispositif de sécurité a été considérablement
renforcé. Quelque 150 chefs d’État et de gouvernement devraient assister
à cette COP21, et en prévision de leur arrivée, des mesures draconiennes
ont été prises pour parer à toutes menaces éventuelles. Des mesures qui
ne sont pas très populaires, et notamment la fermeture de certains axes
routiers pour les journées d’hier et d’aujourd’hui.
Ce qui aura pour effet immédiat de ralentir sérieusement l’activité
économique dans et autour de la capitale, au moment où est annoncée une
hausse des chiffres du chômage du mois d’octobre. Pour encourager les
Français, automobilistes addictifs, à délaisser leurs voitures pour ces
deux jours sensibles, les autorités ont décidé la gratuité des
transports collectifs.
Quant au déroulement et aux résultats escomptés de la conférence, ils ne
suscitent pas beaucoup d’intérêt, en dépit de l’optimisme affiché par le
ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. En remettant
la clé du Parc des expositions du Bourget à Mme Christiana Figueres, la
principale responsable de l’ONU sur le climat, M. Fabius a prédit que ce
sommet sera «un succès considérable». C’est aller trop vite en besogne,
d’autant plus que l’argument avancé est celui de l’engagement de 183
pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
Selon Laurent Fabius, les promesses chiffrées de ces pays devraient
couvrir près de 95% des émissions mondiales, «c’est inédit, c’est un des
premiers éléments du succès de Paris», a-t-il dit. Conclusion hâtive si
l’on mesure le poids des promesses non tenues, en pareils cas, et
impliquant souvent la même proportion des pays, qui savent faire la
différence entre un téléthon et des engagements diplomatiques. Vu sous
cet angle, l’objectif du seuil de 2% des hausses des températures d’ici
2100, principal point de négociation de la COP21, pourrait ne pas être
atteint, mais «il éloigne du risque des 5 ou 6 degrés qu’entraînerait
l’inaction», a renchéri M. Fabius.
L’optimisme devrait être revu à la baisse si la question des contraintes
n’est pas tranchée, et elle n’est pas près de l’être, au vu de l’état
des relations internationales et des différences d’appréciation de
l’ordre des priorités. Peu avant la conférence, le ministre français des
Affaires étrangères s’étant encore avancé en affirmant que les accords
de Paris seraient contraignants.
Samedi dernier, il a nuancé son propos, sans affirmer qu’il y aura de
nouveaux niveaux de contrainte, mais aussi sans se contredire, comme on
le lui reproche par ailleurs. On sait par ailleurs que la question du
prix du carbone ne sera pas tranchée, ni même négociée sans doute, lors
de cette COP21, et le ministre français des Affaires étrangères n’a pas
apporté de réponse précise là-dessus.
«Peut-être, si les parties l’estiment utile, y aura-t-il une mention de
cette question très importante du prix du carbone. Mais évidemment, il y
a des différenciations selon les régions et les techniques».
Ce qui a fait dire à un confrère que les 195 pays présents à Paris
devraient avoir fort à faire, car d’ici le 11 décembre, soit en 12
jours, ils auront à déblayer 1 450 points de désaccord du texte final.
A. H.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. H.

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