CONVENTION INTERNATIONALE DES DROITS DE L’ENFANT : L’Algérie n’a pas mis en place les mécanismes d’application

Lesoir; le Jeudi 20 Decembre 2012
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L’Algérie ne dispose pas de mécanismes pour la mise en place et le suivi des recommandations liées à la convention relative aux droits de l’enfant de 1989. Tel est le constat de la société civile. A l’occasion de la célébration, hier, du 20e anniversaire de la ratification de la convention internationale relative aux droits de l’enfant par l’Algérie, une rencontre- débat a été organisée pour faire le point sur la situation des droits de l’enfant en Algérie. Kamel Filali, membre de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH), qui s’exprimait lors de cette journée, a indiqué que «l’Algérie a fait des efforts monumentaux pour prendre en charge les besoins des enfants mais elle doit déployer plus d’efforts dans le domaine du changement de mentalités et d’adaptation des textes de loi pour faire du droit de l’enfant une priorité ». L’intervenant rejoint d’autres membres et présidents d’associations pour interpeller les pouvoirs publics afin de créer des mécanismes de mise en application de la convention des droits de l’enfant de 1989. Il s’agit, explique M. Filali, «de prendre en considération ces recommandations et d’en discuter autour d’une table». En matière de législation, poursuit- il, «l’Algérie est dans l’impasse». Ce spécialiste en droit de l’enfant se demande «où est-ce que se trouve le projet de code de l’enfant préparé depuis 2005 et qui n’arrive toujours pas à sortir des tiroirs». M. Filali estime qu’il est temps de «nettoyer la législation en vigueur qui est contraire aux objectifs de la convention et légiférer de nouvelles lois qui protégeraient l’enfant et qui seraient compatibles avec les textes de la convention des droits de l’enfant». La formation des juges en matière des droits de l’enfant et la création de tribunaux spécialisés demeurent parmi les préoccupations soulevées par la société civile. Selon le conférencier, l’enfant doit passer du statut d’assisté à celui de détenteur de droits. Associer l’enfant à la prise de décisions est un pas que l’Algérie doit franchir, selon les spécialistes intervenus lors de cet atelier de travail. Par ailleurs, estime M. Filali, l’Algérie doit préparer des lois, des familles et des institutions en mesure d’accueillir des enfants en difficulté. «Je reste convaincu que l’enfant doit être placé dans un autre milieu familial lorsqu’il subit des violences au sein de sa propre famille», dit-il. Le chemin reste, cependant, long, reconnaît-on. L’enfant dont la tranche d’âge est définie entre 0 et 18 ans représente 37 % de la population globale en Algérie, soit le tiers de la population.
S. A.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): S. A.

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