CRISE MALIENNE: Les implications d’une intervention armée sériées à Alger

Lesoir; le Mardi 11 Decembre 2012
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Alors que le monde était suspendu à la décision du Conseil de sécurité de l’ONU, qui s’est réuni hier au niveau ministériel pour statuer sur les suites à donner à la demande de la Cédéao, la crise malienne est passée, une fois de plus, en revue par deux ex-colonels de l’ANP et un universitaire qui se sont retrouvés hier au Centre de presse d’El Moudjahid . Affirmations convergentes d’un panel venu marteler les risques d’une intervention armée dans le Nord-Mali.
Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir)- Le débat, modéré par l’omniprésent Mohand Berkouk, s’est voulu un déroulé d’affirmations et d’avertissements qui cadrent parfaitement avec la position défendue par l’Algérie dans le dossier malien. Et c’est à Mustapha Saidj, universitaire, qu’a été dévolue la tâche de (dé) montrer l’interaction entre le politique et l’économique dans la position française, le plus va-en-guerre des pays occidentaux. L’orateur, qui s’est attardé sur la conceptualité du conflit, a travaillé à faire ressortir le fait, patent, pour lui, de ce que la démarche de la France est dictée par ses intérêts économiques, s’appuyant sur la citation de François Mitterrand qui eut à dire que «la politique africaine de la France, c’est Elf, Total et Aréva». Mustapha Saidj est parti de ce postulat qu’il a transposé sur l’actualité pour soutenir que la France agit pour des intérêts bien calculés. Une évidence, en somme. Aussi lorsqu’il met en exergue l’effort de marketing politique qu’elle y consent pour valider l’option d’une intervention militaire, il ne livre point de scoop. En revanche, il partage une information lorsqu’il soutient que la France a déjà opéré un déploiement militaire discret au Niger et au Tchad, en prévision de l’entrée en action de la force africaine. Estimant que l’intervention militaire dans le Nord-Mali aura des conséquences fâcheuses sur les Maliens eux-mêmes et sur les pays du voisinage, Mustapha Saidj affirme que, s’agissant de la lutte contre le terrorisme dans la région, cela relève des prérogatives fonctionnelles du Cémoc, l’ONU ne devant intervenir, selon lui, que dans l’animation du processus de stabilisation institutionnelle du Mali. «L’intervention militaire étrangère va déstabiliser le processus de stabilisation. » Pour sa part, Maâmar Bendjana, colonel de l’ANP à la retraite et qui assure le secrétariat général de la Fondation algérienne de stratégie et de sécurité, a longuement disserté sur les implications négatives de la solution militaire préconisée pour la crise malienne. En militaire qu’il était, il estime que la force africaine n’a pas les capacités opérationnelles de couvrir un aussi vaste territoire (94 000 km carrés) et qu’elle n’a pas les compétences militaires requises dans ce genre d’intervention. Pour lui, une intervention étrangère pourrait aussi souffrir du sentiment d’irrecevabilité par les populations locales, avec, en sus, le risque de voir le conflit se propager à toute la sous-région. Nourredine Amrani, également colonel de l’ANP à la retraite, considère que la menace politique pèse sur l’Algérie, tant est que les Américains tentent de l’impliquer dans leur projet du Grand-Moyen- Orient (GMO).
S. A. I.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): S. A. I.

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