Dans un contexte de baisse des prix du pétrole : L’Agriculture, un levier pour tirer la croissance hors hydrocarbures ?

Lesoir; le Jeudi 26 Novembre 2015
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Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, est attendu
aujourd’hui à Aïn Defla dans le cadre de la célébration du 41e
anniversaire de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA). Une
occasion que le Premier ministre saisira sans doute pour annoncer des
mesures incitatives au profit des agriculteurs, surtout que l’Etat mise
énormément sur la filière agricole pour tirer une croissance que la
chute des prix du pétrole a mise à mal.
Younès Djama - Alger (Le Soir) - Les défis qui attendent aujourd’hui
le secteur de l’agriculture sont énormes, surtout dans le contexte
actuel marqué par une crise économique sur fond de baisse des recettes
des hydrocarbures. Autant dire que le challenge est des plus cruciaux
pour ce secteur qui connaît encore, malgré quelques avancées, des
retards qu’il va falloir rattraper. Et plus vite.
Aujourd’hui des avancées sont enregistrées dans différentes filières, le
taux de croissance dans le secteur a été de 11% au cours de ces quatre
dernières années. Les différentes filières évoluent relativement bien,
du moins à en croire le discours officiel : 15% dans les maraîchages,
10% sur les céréales et 12% pour l’arboriculture. Le secteur agricole
peut, de par le potentiel qu’il renferme, tirer la croissance de
l’économie nationale, a fortiori quand on sait qu’il participe pour 70%
aux besoins de consommation des Algériens. Si la tendance se poursuit et
que les efforts sont maintenus, voire renforcés, il n’est pas utopique
de voir le secteur dégager des excédents à l’exportation.
Encore faut-il avoir le courage politique nécessaire, car c’est aussi
cela le cœur du problème.
A ce titre, les pouvoirs publics affirment mettre le paquet. En effet,
le premier responsable du secteur, Sid Ahmed Ferroukhi, a récemment
affiché cette «volonté» politique en annonçant que le gouvernement
allait dégager une enveloppe financière de plus de 200 milliards DA sur
les cinq prochaines années pour relancer la filière lait, pour ne citer
que celle-ci. «Il faut faire un travail de substitution à l’importation
notamment dans les domaines du lait, des céréales, la viande
essentiellement bovine. Et c’est ce que nous nous évertuons à faire dans
le plan quinquennal», a-t-il affirmé. La filière céréalière (65 millions
de quintaux engrangés à l’issue de la campagne agricole 2014-2015) est
un autre atout dont le secteur peut se prévaloir. Mais cette filière
présente des fragilités : largement tributaire des variations du climat,
bon an mal an, la filière présente de bonnes ou de mauvaises
performances au gré des saisons… et du lot de pluie qu’elles
«charrient». Quoi qu’il en soit, au gouvernement on mesure l’importance
du secteur et sa contribution à l’épanouissement du pays. C’est dans ce
cadre qu’une nouvelle orientation s’est fait jour qui est celle de faire
appel à l’investissement privé massif susceptible de jouer le rôle de
locomotive pour cette filière.
«Pour réhabiliter le rôle de l'agriculture et l'intégrer dans l'économie
nationale, il faut chercher des accélérateurs de croissance. Auparavant,
l'accélérateur de croissance était le soutien (de l'Etat), mais
aujourd'hui, ce soutien n'est plus suffisant.
Il nous faut désormais un investissement privé massif qui va jouer le
rôle de locomotive», expliquait récemment Sid Ahmed Ferroukhi. C’est le
financement surtout qui est recherché notamment avec la baisse des
revenus de l’Etat.
Y. D.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): Y. D.

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