DÉCLARATIONS SUR LE DRS, L’ARMÉE ET SELLAL: Saïdani embarrasse le FLN

Lesoir; le Mercredi 6 Novembre 2013
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Les dernières sorties médiatiques du secrétaire
général du Front de libération nationale ont mis les cadres de ce parti
dans une situation très inconfortable. Manquant de «visibilité», nombre
d’entre eux ne savent pas s’ils doivent soutenir la vision de Amar
Saïdani sur des questions aussi sensibles que les missions du
Département du renseignement et de la sécurité et l’instauration d’un
«Etat civil».
Tarek Hafid - Alger
(Le Soir)
Le secrétaire général du FLN parle, et c’est tout son parti
qui se pétrifie. Les vieux briscards du Front de libération nationale ne
savent toujours pas quoi penser des dernières déclarations de Amar Saïdani. Commençons par Abdelhamid Si Affif qui s’était opposé à
l’intronisation de Saïdani avant d’assister à la session du Comité
central du 29 août.
«Je n’ai pas soutenu l’actuel secrétaire général, ma présence, et celle
de mon groupe, à la session du Comité central était une action pour
garantir la stabilité du parti», a-t-il tenu à préciser. «Dans la
situation actuelle, le secrétaire général est seul porte-parole du FLN.
Il n’y a pas de Bureau politique, donc il est seul habilité à parler au
nom du parti.» Si Affif soutient-il pour autant les positions de son
secrétaire général sur le DRS, l’armée et l’instauration d’un «Etat
civil» que Saïdani attribue à Abdelaziz Bouteflika ? La question
provoque une vive réaction de sa part : «Non, ne parlez pas de ça ! Je
me situe très loin de tout ça ! Ces affaires me dépassent. Je ne me mêle
pas de ce qui ne me regarde pas.» Justement, le patron du FLN se
mêle-t-il de choses qui ne le regardent pas ? «Le contexte actuel est
difficile et complexe. Il doit avoir ses raisons. Mais il doit agir de
la sorte car il tire sa force du président de la République. En fait,
tout le monde tire sa force du président de la République et tout le
monde est au même niveau sur ce plan-là. En Algérie, il n’y a pas de
hiérarchisation du pouvoir. Le chef de l’Etat est au sommet et les
autres sont en dessous, mais au même niveau», explique-t-il.
L’incompréhension est également perceptible parmi les cadres les plus
proches de Amar Saïdani. C’est le cas notamment d’Ahmed Boumahdi,
rédacteur de la demande d’autorisation pour la tenue du Comité central
du mois d’août.
L’homme se fait méfiant. «Je vois où vous voulez aller avec vos
questions. Je sais comment réfléchissent les journalistes…» Puis il
tente une feinte : «Le secrétaire général a le droit d’évoquer tous les
sujets. Absolument tous. Pourquoi n’appelez-vous pas Sellal et Bensalah
pour leur demander pourquoi ils s’attaquent à Saïdani et à notre parti ?
Je ne veux pas entrer dans une polémique basée sur de fausses
interprétations. Pour ma part, je soutiens notre secrétaire général. Il
est responsable de ses dires.» Le soutient-il également lorsqu’il évoque
la nécessité de bâtir un «Etat civil» et que, par opposition, laisse
clairement entendre que l’Algérie est un Etat militaire ? Nouvelle
réaction courroucée : «Encore des interprétations, les journalistes ne
font que de fausses interprétations ! Ce n’est pas du tout ce que j’ai
compris des déclarations de Saïdani», puis il ajoute, dans une liste à
la Prévert, «il est vrai qu’il y a un problème sécuritaire au sein des
communes.
Certains font de la brosse. Nous sommes avec les militaires. Ce sont eux
qui ont lutté contre le terrorisme. L’Etat est civil, il n’est pas
militaire ! Ce sont les politiques qui ont le pouvoir.» `
Ahmed Boumahdi s’excuse avant de raccrocher. Nous avons également
sollicité l’avis de Madani Houad, sénateur du tiers-présidentiel et
fervent défenseur de Amar Saïdani. «Je dois dire que j’ai lu comme tout
le monde ce que le secrétaire général a déclaré dans les deux
entretiens. Mais je ne peux parler de ce que je ne sais pas. J’ai essayé
de comprendre. Mais je me suis fatigué. Je n’ai pas réussi. Mais en
qualité de secrétaire général du FLN, il a le droit de dire ce qu’il
veut.»
Avouons qu’il en faut beaucoup pour «fatiguer» Madani Houad.
Et que pense Mustapha Mazouzi, ancien député de Biskra et actuellement
membre du Comité central, de toute cette situation ? Rien, sauf que sa
réaction s’avère être une petite perle. Il dira, alors que n’avions pas
fait référence au média dans lequel a été publiée la seconde interview,
: «Je n’ai pas lu le texte qui a été publié par TSA…» Et dans la
catégorie «je ne réponds pas aux questions gênantes», on retrouve la
déclaration de Mohamed Allioui : «Je me dirige vers l’aéroport pour
récupérer mon frère qui revient du Hadj. Je ne peux pas aborder ce sujet
avec vous. Rappelez-moi demain.» Demain sera un autre jour…
T. H.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): T. H.

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