DÉVELOPPEMENT PROJETÉ DES GAZ DE SCHISTE: Pas d’impact significatif sur la ressource hydrique, selon Necib

Lesoir; le Jeudi 13 Decembre 2012
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L’exploitation projetée des gaz de schiste dans le sud du pays n’aura pas d’impact significatif sur la ressource hydrique, selon Hocine Necib.
Cherif Bennaceur - Alger (Le Soir) - Invité hier de la rédaction de
la Chaîne III de la Radio nationale, le ministre des Ressources en eau
s’est voulu rassurant sur la préservation de la ressource hydrique.
Certes, Hocine Necib considère qu’«il ne faut pas que les exploitations
soient proches des aquifères qui alimentent les centres de vie et les
espaces agricoles». Se fiant aux explications fournies par les experts
du ministère de l’Energie et des Mines, «assez convaincantes », selon
lui, l’invité de la radio a néanmoins indiqué que les quantités d’eau
nécessaires pour la fracturation hydraulique ne seront pas importantes.
«Il n’y aura pas d’impact significatif sur la ressource», estime Hocine
Necib qui rappelle que «l’exploitation des gaz de schiste, ce n’est pas
pour demain». Or, le volume d’eau projeté, 1 milliard de mètres cubes
sur 40 ans, doit être considéré comme infime par rapport au potentiel
considérable de la nappe albienne. Or, dans la mesure où l’eau qui sera
utilisée sera recyclée, ce volume de 1 milliard sur 40 ans doit être
ramené à 600 millions de mètres cubes sur 40 ans, laisse-t-il entendre,
relevant que le niveau d’exploitation actuel des eaux souterraines dans
le sud reste encore très faible.
À propos du transfert d’eau vers les Hauts-Plateaux
Auparavant, l’invité de Souhila Elhachemi avait explicité la
stratégie mise en œuvre en matière de mobilisation et transfert des
ressources hydriques, citant notamment le projet de transfert d’eaux
souterraines du Sud vers les Hauts-Plateaux. A ce propos, Hocine Necib a
rappelé qu’une étude de faisabilité a été lancée par son département et
a fait ressortir un volume de 600 millions de mètres cubes par an d’eaux
de transfert. Ce projet sera «réalisé en huit phases interdépendantes
mais interconnectées progressivement de 2010 à 2040», indique le
ministre qui précise qu’«actuellement, on est dans la première tranche,
une opération à caractère pilote qui consiste en un transfert à partir
de Laghouat sur Djelfa, Tiaret et M’sila, à Boussaada précisément».
Soulignant que son département sollicitera les financements nécessaires
«dès que les études seront finalisées», Hocine Necib a assuré que ce
projet «est à la portée» des entreprises nationales, tant publiques que
privées.
Sétif bénéficiera de 300 millions de mètres cubes par an
D’autre part, l’invité radiophonique a indiqué que la wilaya de
Sétif sera dotée de deux barrages qui seront alimentés par trois
barrages situés à Béjaïa et à Jijel, dans le cadre de l’interconnexion,
l’«hydrosolidarité». Ce qui permettra à la capitale des Hauts-Plateaux,
une région où la pluviométrie ne dépasse pas les 400 millimètres par an,
de recevoir annuellement plus de 300 millions de mètres cubes par an,
une aubaine. Par ailleurs, Hocine Necib a indiqué que la station de
déminéralisation des eaux souterraines, prévue à Tindouf et d’une
capacité de traitement de 15 000 mètres cubes, devrait être
opérationnelle dès le second semestre 2013, d’autant que l’appel
d’offres a été lancé et que «la procédure avance bien» et devrait
aboutir avant la fin du premier semestre, prévoit-il.
Plus de 4 milliards de m3 d’eau potable d’ici 2030
Abordant les perspectives sectorielles, l’invité de la Chaîne III
évoque la mise en œuvre d’un Plan national de l’eau permettant d’
«offrir toute visibilité en termes de planification et de prospective ».
En ce sens, Hocine Necib a indiqué que le volume d’eau potable atteint
actuellement les 3 milliards de mètres cubes par an mais qu’il faudrait
produire à l’horizon 2030 un volume de 4,113 milliards de mètres cubes.
Soit un «écart» de 1,113 milliard de mètres cubes qui implique la
réalisation de barrages et ouvrages de transfert, dans le cadre de la
mobilisation des eaux superficielles, souterraines et non
conventionnelles (dessalement de l’eau de mer, utilisation des eaux
usées épurées).
Plus ou moins 40 milliards de dollars à investir
Ce qui implique des investissements durant les décades suivantes
dont le montant sera moindre ou supérieur à celui consenti durant les
dix dernières années, soit 40 milliards de dollars. «A dinar constant,
nous allons peut-être investir moins. Mais en prenant compte de la
valeur économique du dinar, il est clair que nous allons dépasser ce qui
a été consacré», dira Hocine Necib. Dans le même sens, le ministre a
indiqué que son secteur était en train d'élaborer une stratégie
nationale d’économie de l’eau. Cette stratégie a pour but de «dire aux
citoyens que cette eau était mobilisée à prix fort. Il faut en prendre
soin, d’autant plus que son tarif ne reflète pas son prix économique»,
relève M. Necib, en affirmant qu’il «n’est pas question d’augmenter ce
tarif parce que le principe d’accès à l’eau potable est consacré par la
loi».
L’utilisation de l’eau épurée en question
Toutefois, l’utilisation de l’eau épurée dans l’agriculture reste
encore insuffisante, avec un niveau d’affectation de l’eau à l’état brut
de l’ordre de 65%. Ce qui nécessite des moyens supplémentaires «parce
que nos capacités sont limitées si on veut aboutir à l’objectif de 70%»,
relève Hocine Necib qui escompte, néanmoins, une capacité de
mobilisation de 1,2 milliard de mètres cubes d’eau traitée à l’horizon
2014. Certes, l’eau épurée est «donnée gratuitement aux fellahs ainsi
que la boue qui contient des éléments très fertilisants», relève Hocine
Necib qui note également que c’est «une eau propre». Néanmoins,
l’adhésion des agriculteurs reste encore insuffisante même si «des
résultats encourageants sont enregistrés dans certaines wilayas», relève
Hocine Necib qui évoque la nécessité d’œuvrer à sensibiliser davantage
les fellahs.
C. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): C. B.

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