DOSSIERS ÉCONOMIQUES AU «MENU» DE LA VISITE DE HOLLANDE: De grandes annonces ?

Lesoir; le Mercredi 19 Decembre 2012
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Il est convenu, à la faveur de la visite de François Hollande en Algérie, aujourd’hui et demain, que les deux chefs d’Etat, algérien et français, fassent d’«importantes» annonces sur des dossiers économiques devant consolider le partenariat entre les deux pays. Des annonces dont la teneur a fait l’objet de spéculations qui sèment le trouble sur les places boursières.
Lyas Hallas – Alger (Le Soir) – «On a laissé les deux présidents
faire les grandes annonces», n’ont cessé de claironner les officiels des
deux pays lors des préparatifs de la visite. Même si des «fuites» ont
commencé à faire les choux gras de la presse au fur et à mesure que la
visite approche : Renault, Peugeot, Total… L’usine que devrait installer
le constructeur Renault est, de loin, celle qui fait couler le plus
d’encre, étant donné ses retombées en termes de création de richesses et
d’emplois. C’est que jusqu’à avant-hier, lundi 17 décembre, à 48 heures
de l’arrivée de la délégation française, les analystes les plus avisés
ne pariaient pas sur une «grande annonce». Il convient néanmoins de
préciser que le PDG du géant Renault, P-dg Carlos Ghosn, n’est pas de la
partie. Il a délégué Jean-Christophe Kugler, directeur régional du
groupe (Europe, Méditerranée et Afrique), pour signer en marge de la
visite, l’accord portant sur la construction d’une usine en Algérie. Une
information donnée lundi par le quotidien de droite le Figaro et reprise
par toute la presse française et algérienne d’hier. Une information qui
a été confirmée le jour même par le Premier ministre algérien Abdelmalek
Sellal sur le plateau du journal télévisé de France 3 et le lendemain
par un porte-parole du constructeur. M. Sellal, pour qui l’usine de
Renault est une «belle œuvre qui va se réaliser» dans l’Ouest algérien,
a rappelé, qu’«en effet, rapporte l’APS, qu’entre l’Algérie et la
France, la coopération économique a été amorcée il y a déjà des années,
confirmant, à cet effet, que le contrat entre Renault et la Société
nationale des véhicules industrielles sera signé lors de cette visite ».
«Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’industrie française gagne dans
cette affaire. C’est un win-win parfait. Nous restons solidaires avec
les travailleurs français», a-t-il dit. C’est du vrai donc, en attendant
bien sûr les détails qui seront communiqués après l’annonce de la
«nouvelle» par les deux présidents.
Facilités pour les PME françaises
Il n’y a, par ailleurs, pas ou il y a peu d’informations qui ont
filtré sur les projets de Total. De même que la «possibilité pour l’Etat
algérien de prendre part dans le capital de PSA», une information
commercialisée comme étant un scoop et qui a fait bondir ses actions à
la bourse de Paris, n’était en fait qu’une rumeur sitôt démentie,
officiellement, par les responsables de Peugeot-Citroën. Bref, outre les
questions liées à ces trois «mastodontes», qui sont plutôt insensibles
aux restrictions qu’impose la règle 51/49, les deux présidents sont
attendus pour parler surtout des facilités qui seront éventuellement
accordées aux PME françaises voulant investir en Algérie, car ce sont
ces dernières et en général toutes les étrangères qui se plaignent le
plus de cette règle. Elles hésitent de venir à cause d’une structure
administrative compliquée, d’un système fiscal incompréhensible et d’un
droit social instable : «Une insécurité juridique qui ne les rassure pas
sur leurs propriétés. » La visite de François Hollande marque ainsi le
réchauffement dans les relations entre les deux pays, après une longue
période de froideur dont les entreprises françaises ont beaucoup pâti.
Une série de mesures comme l’interdiction de l’importation des véhicules
de moins de trois ans et l’autorisation du crédit à la consommation
avait profité à Renault et Peugeot ainsi qu’aux banques françaises
installées en Algérie pour qui le crédit à la consommation est le
produit phare, qui donc avaient fait de sérieux profits. La loi de
finances complémentaire de 2009 rétablissant la règle 51/49 et
interdisant le crédit à la consommation a engendré un manque à gagner
énorme à ces banques…
L. H.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): L. H.

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