ÉLECTIONS LOCALES: Le bulletin nul en troisième position

Lesoir; le Dimanche 2 Decembre 2012
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Les élections locales ont démontré que la carte politique de l’Algérie n’a pas changé. Selon des universitaires, outre les deux partis de l’Alliance présidentielle qui demeurent toujours en tête, le bulletin blanc constitue la troisième «force politique».
Rym Nasri – Alger (Le Soir) - Hier au «Forum stratégique» du quotidien El Moudjahid à Alger, Makhlouf Sahel, Maître-assistant à la faculté des sciences politiques, a assuré que depuis quelques années, le taux national de participation aux élections est en courbe descendante. «Avec la participation de 52 partis et de nombreuses listes de candidats indépendants, l’Algérie connaît une inflation de candidats et un déficit d’électeurs », a-t-il affirmé. Il souligne ainsi le cas d’Alger où «le rendez-vous électoral a été boudé». Contrairement, poursuit-il, «à la Kabylie qui a connu cette fois-ci une participation plus importante par rapport aux précédentes élections». Une situation qu’il explique, soit par l’absence d’un appel au boycott et/ou à la participation des deux partis traditionnels. L’intervenant fait également remarquer que les listes des candidats indépendants se sont démarquées. «Avec 863 sièges aux APC (Assemblées populaires communales) et 76 sièges aux APW (Assemblées populaires de wilaya), les Indépendants se retrouvent en 6e position et devancent plusieurs partis, même des partis anciens». Il s’interroge ainsi sur cette «préférence» des électeurs aux listes des Indépendants. L’analyse de l’universitaire relève que le FLN (Front de libération nationale) et le RND (Rassemblement national démocratique) constituent toujours les deux premières forces politiques. «Le MPA (Mouvement populaire algérien) est devenu la troisième force politique et les Indépendants se sont imposés en force». Il précise également que le mouvement islamiste, le mouvement démocrate traditionnel et les partis proches du «gauchisme» enregistrent un «recul». S’agissant des bulletins nuls, il affirme qu’«en comparaison à plus de 8 millions d’électeurs, un million de bulletins nuls est très important. D’ailleurs par leur nombre, les bulletins nuls constituent la troisième force politique après le FLN et le RND». Pour sa part, Mohamed Fadène, enseignant de sciences politiques, affirme que la législation algérienne est conforme aux standards internationaux. «Seuls quelques agissements négatifs sont signalés», dit-il. Toutefois, il estime que le nombre de partis politiques agréés est «exagéré». «Aujourd’hui, il est plus facile de créer un parti politique que d’établir une liste électorale ». Et de s’interroger : «est-ce que ces partis ont un programme et une popularité ?». L’ex-membre du Conseil constitutionnel a aussi soulevé le problème du fichier électoral. Pour lui, ce fichier établi à l’échelle locale, nécessite un «assainissement». Autre lacune relevée : l’absence d’observateurs dans plusieurs bureaux de vote. Un problème qu’il impute au «manque de moyens financiers de nombreux partis politiques ».
R. N.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): R. N.

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