ÉMOUVANTE CÉRÉMONIE DE REMISE DE MÉDAILLES AUX BELGES DU FLN À BRUXELLES: Ils ont tenu le Front du Nord

Lesoir; le Samedi 8 Decembre 2012
2

Cecile Draps, Serge Moureaux, Marc de Kock, avocats du barreau belge, justes parmi les justes, résistants anti-colonialistes et défenseurs des causes nobles, étaient très émus lors de la cérémonie de remise de médailles à l’ambassade d’Algérie à Bruxelles.
Mourad Medelci en leur rendant hommage au nom du président de la République, a souligné que «le cinquantième anniversaire de l’Indépendance de notre pays représente une excellente occasion pour rendre hommage à toutes celles et à tous ceux qui ont aidé l’Algérie». Pour autant, le mérite de ces femmes et de ces hommes qui empruntent des voies et des formes de combat multiples, judiciaire, politique, médiatique, humanitaire, médicale, financière, n'est pas banal. Il fallait des convictions, du courage, de la hardiesse et même de la témérité pour s’opposer, alors à la police et aux renseignements français. La Belgique, toute proche de la France, ne constituait pas un havre de paix pour ces résistants. Serge Moureaux, Henriette, sa femme, avaient même mis leur appartement «Place Roi- Vaingueur», centre de Bruxelles, actuellement démembrement des quartiers européens, à la disposition des militants du FLN pourchassés et recherchés par la police de France... Serge Moureaux, avocat, était engagé par le GPRA, et Marc de Kock était celui de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA). Marc de Cock de la Confédération indépendante des syndicats libres les rejoint en 1960. Cecile Draps, elle, évoquera le courage de ses clients qui la sommaient, la suppliaient même de ne pas les défendre en tant que prévenus de droit commun, mais comme des résistants du FLN ne reconnaissant pas la justice de l’ordre colonial. Si tant qu’elle abdique et consente elle-même à ne pas reconnaître la légitimité des accusations portées contre ses clients. Si à Bruxelles, il était possible de gagner du temps, depuis la procédure en attendant des augures meilleurs, les choses se compliquaient quand il s’agissait d’aller au nord de la France, à Lille, Valencienne ou au Pas-de- Calais. Proches, certes, de la Belgique, les juridictions de ces régions ou départements, dépendaient des barreaux de France et donc des lois de la République française et que, alors, l’Algérie était, c’était la France. Fils d’un ministre libéral, Serge Moureaux, maître du barreau de Bruxelles, tissait les arguments avec Ferhat Abbès, puis Ben Khedda, travaillait le système de défense avec Ali Haroun, Boudaoud et la Fédération de France du FLN, mobilisait les avocats français sympathisants de la cause algérienne, utilisait les moyens de fonction de son père pour faire traverser la frontière aux militants les plus «grillés», les plus menacés. Cecile Draps, de Cok et d’autres battaient alors le rappel de Guy Cudell, bourgmestre (maire) de Saint-Josse (Bruxelles) qui n’hésitait pas à délivrer de vrais-faux papiers aux Algériens. Saint-Josse, dès les années 60, devient une pièce maîtresse du dispositif du «blanchiment» des documents pour les Algériens. Là où il est, maintenant, Guy Cudell, décédé, a dû apprécier la remise des médailles à Cecile Draps, Serge Moureaux et Marc de Kock, par Medelci au nom de l’Algérie. Guy Cudell et Yves Lepaige (réalisateur à la télévision publique belge RTBF) ont laissé pour l’histoire, pour la vérité des documents essentiels. Beaucoup de présents lors du cérémonial de remise des médailles pensaient eux, au Front du Nord, aux résistants du froid qui ont soutenu l’indépendance de l’Algérie.
A. M.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. M.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..