EN LIBRAIRIE: DE TIGHZERT À SOUSTARA DE LOUNIS AMOKRANE: Les chemins qui montent et descendent

Lesoir; le Mercredi 5 Decembre 2012
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De Tighzert à Soustara est le titre du livre de Lounis Amokrane, paru aux éditions Galaxie.
«Atravers ses souvenirs d’enfant, semés d’anecdotes, tels le déjeuner
chez Mouloud Feraoun et le tête-à-tête de son père avec Ahmed Oumeri, le
célèbre bandit d’honneur, l’auteur dépeint la société de son enfance»,
lit-on dans la présentation, au dos de l’ouvrage. Tighzert (à ne pas
confondre avec Tigzirt, au nord) est un petit village kabyle, situé près
de Beni Douala dans la wilaya de Tizi Ouzou. Il fait partie du douar Ath
Aïssi englobant plusieurs villages de cette région montagneuse. C’est
dans ce village que Lounis Amokrane a vu le jour en juillet 1947 dans la
même maison où était né son père une quarantaine d’années plus tôt. Il
raconte ses souvenirs d’enfance, notamment, les jeux avec les enfants de
son âge, les neiges hivernales et la joie du premier printemps. Après
une année d’études à l’école Ighil Bouzerou, Younes (Lounis) vit sa
scolarité interrompue à cause du déclenchement de la guerre de
libération. Tighzert est bouclé par une clôture de fer et les forces
coloniales établirent leur camp au centre du village. Aux attaques des
moudjahidine, l’armée française réplique par une terrible répression qui
n’épargne guère la population civile et qui touchera le père, la mère et
le frère de Younes. En novembre 1958, Younes se retrouva à Alger, plus
précisément au quartier musulman de Soustara, où son père avait pu
l’inscrire de nouveau à l’école. Il va ainsi poursuivre sa scolarité au
prestigieux Cours complémentaire Sarrouy, géré par le directeur Calvet,
un ami de son père. Le petit montagnard découvre émerveillé la capitale,
ses boulevards, ses squares et ses cinémas mais cela ne lui fait pas
oublier sa mère restée au village. Avec le soutien du directeur, il a pu
combler ses trois années de scolarité perdues. Il devient même un
excellent élève et fut envoyé en colonie de vacances à Lodève, dans le
sud de la France. Mais, à Alger aussi, les choses vont s’empirer. En
1959, le C. C. Sarrouy est occupé par l’armée française. Plus tard,
l’acharnement de l’OAS contre les Algériens va pousser le père de Younes
à quitter Alger pour s’installer à Tizi Ouzou. Ce voyage De Tighzert à
Soustara est aussi un voyage dans le temps qui permet au lecteur de
découvrir des us et des coutumes kabyles aujourd’hui disparues.
L’ouvrage est, en outre, d’un grand intérêt sur les plans culturel,
social et historique. Lounis Amokrane est né le 7 juillet 1947 à
Tighzert. Il entama sa scolarité en classes préparatoires à l’école d’Ighil
Bouzerou. Après une interruption de trois années, il continue ses études
à Alger, et en 1960 réussit le concours d’accès en sixième. En 1967, il
passa avec succès les épreuves des baccalauréats algérien et français.
Plus tard, il va obtenir le diplôme de docteur en médecine de la faculté
de médecine d’Alger. Après un court passage au Centre d’études
nucléaires d’Alger, il rejoint l’Institut des sciences et techniques
nucléaires de Saclay, en France, pour une spécialisation en médecine
nucléaire et devient en 1980 le premier médecin nucléaire algérien. Deux
années plus tard, il va obtenir le grade de maître-assistant en
médecine. En 1998, il soutient une thèse sur les cancers thyroïdiens.
Lounis Amokrane est actuellement professeur hospitalo- universitaire à
la faculté de médecine d’Alger.
Kader B.
De Tighzert à Soustara de Lounis Amokrane. Editions Galaxie. 262 pages.
Année : 2012

Categorie(s): culture

Auteur(s): lesoir

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