EN LIBRAIRIE: LA FEMME DU CAÏD DE FATÉMA BAKHAÏ: Une dame libre

Lesoir; le Jeudi 29 Novembre 2012
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Fatéma Bakhaï est née à Oran. Elle a fait carrière comme avocate mais s’est toujours intéressée à la littérature, signant de nombreux ouvrages destinés à la jeunesse. Côté roman, et après Izuran III, Au pas de la sublime porte (2010), Fatéma Bakhaï nous entraîne dans la région de Tlemcen, au début du XXe siècle, à travers Talia, l’héroïne de son dernier ouvrage.
Talia a huit ans lorsque sa mère décède. Son père se remarie. Sa
nouvelle compagne ne veut plus de ses enfants sous son toit. Alors, les
enfants du premier lit sont dispersés. Aïda, 11 ans, est donnée en
mariage dans un lointain village. Quand à Talia, elle est recueillie
dans une demeure cossue, celle du caïd. Bien intégrée, elle fera partie
des employés de la maison, au même titre que Rekia, Badour, Chergui,
Hassan… Talia aura la chance de fréquenter l’école avec son amie Margot,
la fille de l’institutrice du village, Mathilde Michaud. Le caïd lui
ouvre la voie de l’instruction dans un douar où les filles ne mettent
pas le nez dehors. «Apprendre la langue des impies dans une école
d’impies, une fille sortie de rien, c’est un signe de la fin des temps
!» affirmaient ceux de la zaouïa. Une Maure à l’école ! On aura tout vu
et pourquoi pas un indigène au gouvernement tant qu’on y est ?»
pestaient les colons. (P.110). Lorsque la Première Guerre mondiale
éclate, Talia interrompt ses études. Le caïd est mobilisé. Il embarque
sur le Sidi Brahim, au printemps 1915, pour aller se battre sous le
drapeau français. Son épouse, lallaKhadoudja, qui lui a donné deux
garçons, Youcef et Madi, s’installe chez sa mère. Victime de démence,
elle ne réintégrera plus le domicile conjugal. Les années passent. Talia
est désormais une belle jeune fille «…Ses mains aux doigts longs et
fins. Leur blancheur… Talia avait le teint mat, coloré, des pommettes
très prononcées, une bouche charnue aux lèvres délicatement ourlées, un
nez droit aux narines pincées et d’extraordinaires yeux ambre, presque
jaunes, légèrement rapprochés, bordés de cils fournis, noirs et
recourbés. » (P.146). Blessé, décharné, fourbu, le caïd revient de
guerre après l’armistice. Talia prend soin de lui et reste à son chevet
jusqu’à sa rémission. Un lien affectif se tisse entre eux, en dépit de
leur différence d’âge. La jeune fille osera même le demander en mariage…
Après le mort du caïd, Talia prend son destin en main. C’est elle
désormais la patronne de la ferme et des biens légués par son défunt
époux. Elle effectue un voyage en France où elle s’initie au secret du
métier de lavandière. De retour à Tlemcen, elle fait installer une
distillerie qui prospérera très vite. Découvrez le destin exceptionnel
de Talia, la femme du caïd, à travers le nouveau roman de Fatéma Bakhaï,
disponible dans toutes les librairies.
Sabrinal
La femme du caïd, Fatéma Bakhaï, Editions Alpha, 2012, 301 P.

Categorie(s): culture

Auteur(s): lesoir

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