En marge du sommet de la cop21: Poutine refuse de rencontrer Erdogan à Paris

Lesoir; le Mardi 1 Decembre 2015
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Vladimir Poutine a refusé de rencontrer hier à Paris
Recep Tayyip Erdogan malgré l'insistance du Président turc, dont le pays
va subir les sanctions économiques de Moscou après avoir abattu un
bombardier russe à sa frontière avec la Syrie.
Près d'une semaine après l'intervention au-dessus de la frontière
turco-syrienne de deux avions de chasse turcs F-16 pour descendre en
flammes un bombardier Soukhoï-24 de retour de mission, la grave crise
diplomatique entre la Russie et la Turquie ne connaît aucun signe de
détente.
Ankara refuse de s'excuser et maintient avoir agi légitimement pour
protéger son espace aérien. Alors que le corps du lieutenant-colonel
Oleg Pechkov — pilote mitraillé par des rebelles syriens alors qu'il
retombait en parachute — a quitté dans la matinée d’hier la Turquie pour
être rapatrié, la fièvre anti-turque continue en Russie et les médias
d'Etat tirent à boulets rouges sur la Turquie, hier encore partenaire
privilégié.
Parallèlement, les autorités russes peaufinent l'ensemble des sanctions
économiques décrétées contre la Turquie, dont l'ampleur devrait être
limitée mais l'impact réel. Hier matin, le Kremlin a catégoriquement
exclu toute rencontre entre Vladimir Poutine et son homologue turc qui
se trouvent tous deux au Bourget, près de Paris, pour participer au
sommet sur le climat.
Moscou continue de bouder Ankara malgré les appels insistants du
Président turc à rencontrer le chef de l'Etat russe «en face à face».
Furieuse, la Russie accuse depuis l'incident la Turquie d'avoir partie
liée avec l'organisation terroriste Daesh et exige des excuses. «Aucun
Premier ministre turc, aucun Président, aucune autorité ne s'excusera»,
a maintenu lundi le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu après avoir
rencontré à Bruxelles Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'Otan
dont la Turquie est membre. «Aucun pays ne peut nous demander des
excuses car nous n'avons fait que notre devoir», à savoir «protéger
notre espace aérien et notre frontière», a-t-il plaidé.
Répétant que la Turquie n'avait «aucunement l'intention d'avoir une
escalade» avec la Russie, M. Davutoglu a appelé Moscou à «reconsidérer»
ses sanctions économiques, soulignant qu'elles étaient «contraires» aux
intérêts de la Turquie comme de la Russie.
Le secrétaire général de l'Otan a une nouvelle fois appelé au «calme»,
mais a souligné que la défense de son espace aérien était «le droit
souverain de la Turquie».

Categorie(s): monde

Auteur(s): lesoir

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