ENTREPRENARIAT INNOVANT: Innover, c’est aussi savoir trouver de nouveaux partenaires

Lesoir; le Lundi 10 Decembre 2012
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C’est plutôt un ingénieur en aéronautique qui a aidé Pampers à rendre ses couches bébé plus absorbantes. Oleg Volkov, puisque c’est de lui qu’il s’agit, avait répondu à la requête de l’entreprise suite à un simple appel d’offres.
Lyas Hallas - Alger (Le Soir) - Les partenaires habituels de Pampers
n’avaient pu trouver une solution appropriée, a expliqué le Dr Dirk
Luttgens de l’Université d’Aachen (Allemagne), «parce qu’ils
réfléchissent suivant des modèles de pensée établis et ils y sont
restés». L’innovation, de ce point de vue, «c’est savoir trouver de
nouveaux partenaires et de nouvelles formes de coopération» et «mettre à
profit des savoir-faire pluridisciplinaires structurés généralement en
réseaux de consultants». Cet universitaire allemand est intervenu hier,
dans la conférence internationale «Innovation, créativité, durabilité :
vers un système d’innovation et de promotion de l’entreprenariat
innovant en Algérie» qui se déroule à l’hôtel Sofitel d’Alger. Une
conférence dont le programme est réparti sur deux jours (aujourd’hui et
hier, ndlr), organisée par le ministère de l’Industrie, de la PME et de
la Promotion de l’investissement avec le concours du Programme
développement économique durable (DEVED) de la GIZ. Le Dr Luttgens a
néanmoins souligné que l’innovation a un préalable : «apprendre à
remettre en cause les paradigmes existants». Il a donné l’exemple de
l’ophtalmologue indien G. Venkataswamy. En Inde où il y a 9 millions de
personnes qui souffrent de cataracte, une maladie nécessitant une
intervention qui coûte cher (entre 2 500 et 3 000 USD par personne aux
Etats-Unis). «Au lieu de mobiliser un spécialiste et utiliser un
matériel sophistiqué, il a opté pour prescrire un travail en équipe. Des
médecins maîtrisant chacun un geste chirurgical simple vont s’alterner
sur les lits des malades. Du coup, les prix pratiqués en Inde pour
soigner la cataracte ont baissé jusqu’à atteindre 50 USD», a-t-il
indiqué. Dans sa communication, intitulée «Innovation et développement
économique durable : défis et opportunité», il a également insisté sur
la prise en considération des exigences de la «durabilité». Il a
décortiqué le concept avant de montrer l’importance de son application
par les entreprises. Selon ses termes, la durabilité signifie : «Ce que
nous faisons aujourd’hui ne doit pas prendre toutes les ressources au
risque d’en priver les générations futures et l’entreprise doit tenir
compte de trois variables à savoir, l’environnement, le social et
l’économique». L’entreprise, a-t-il établi, doit également se monter
«responsable» par rapport aux spécificités environnementales et
socioéconomiques du contexte dans lequel elle évolue. Chose,
affirme-t-il, qui n’enlève rien à ses capacités innovatrices. Au
contraire, cette responsabilité va les booster. A titre illustratif, il
s’est basé sur une étude faite par le cabinet Deloitte. Les conclusions
de l’étude montrent qu’«une entreprise qui fait sien le concept de
durabilité est quatre fois plus innovatrice que la moyenne». Bref,
quatre ateliers sont prévus dans le cadre de cette conférence :
«Innovation dans la PME : Etats des lieux et cas de réussite, Relation
entre la recherche et la PME, Innovation et clusters et financement de
l’innovation». Ils seront récompensés par des recommandations pour aider
à la «promotion d’un système d’innovation national pour l’entreprenariat
innovant et durable en Algérie». Nous y reviendrons.
L. H.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): L. H.

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