FACE AUX CONVULSIONS DE L’ÉCONOMIE MONDIALE: Comment l’Algérie doit-elle agir ?

Lesoir; le Dimanche 9 Decembre 2012
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Confrontée aux convulsions de l’économie mondiale, l’Algérie doit se projeter à l’international, booster les partenariats productifs et stimuler le développement de son tissu entrepreneurial notamment public.
Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) - L’Algérie peut-elle s’adapter face aux convulsions de l’économie mondiale, notamment en Europe, à la redistribution des facteurs de puissance au profit de la Chine et aux risques de contagion pesant sur les économies émergentes ? Cette problématique a été abordée hier à l’hôtel Sheraton Club-des-Pins lors de la neuvième session du Forum d’Alger qu’organise le cabinet Emergy, spécialisé dans le consulting stratégique international. Convaincu que «l’Algérie ne doit pas rater le train», l’expert pétrolier et de stratégie et président dudit cabinet, Mourad Preure, a estimé que «la demande interne algérienne peut apporter une bouffée d’oxygène et rendre possibles les politiques de relance de type keynésien». A charge cependant, relève cet expert, que cette demande interne «doive être en priorité réservée aux entreprises algériennes ainsi qu’à celles qui choisissent de travailler avec elles». Il s’agit pour notre pays de bien profiter des opportunités qui s’offrent à l’échelle internationale, notamment en développant les partenariats productifs, croisés et davantage basés sur une vision globale et réelle. Mais aussi en s’intéressant à l’acquisition ou prise de participations dans les entreprises en difficulté, notamment européennes, suivant le modèle expansionniste de la Chine ou de l’Inde, comme le laisse entendre le consultant. Voire, à encourager le développement de champions internationaux. Une approche avec laquelle le vice-président du Conseil national économique et social (Cnes), Mustapha Mekidèche, convergeait en relevant le défi de la réindustrialisation du pays, d’autant qu’une commission multisectorielle a été chargée récemment d’y réfléchir sous l’égide du ministère de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement. Selon le vice-président du Cnes, une dynamique doit être impulsée en termes de soutien au secteur privé, en butte, notamment, aux contraintes d’investissement et de taille critique, de consolidation du secteur public et développement de filières stratégiques. Ainsi, Mustapha Mekidèche a prôné, lors de cette rencontre, le recours «momentané » à la politique de substitution à l’importation tout en favorisant localement l’émergence d’opérateurs et de filières concurrentes. De même, il a estimé que l’Algérie a encore besoin d’une économie mixte avec un secteur public en pole position, même si la mise en œuvre d’un «Small Business Act» et la concrétisation du programme de mise à niveau des entreprises dont le rythme d’avancement atteint seulement 5% s’imposent également. Prônant également le développement de partenariats efficients, le vice-président du Cnes estime opportun de développer la «coproduction», la «colocalisation » avec des entreprises notamment françaises, à charge cependant d’adopter une démarche réfléchie, mutuellement volontariste et basée sur un partage de la chaîne de valeurs dans la production. Dans cet ordre d’idées, l’économiste français, spécialiste des questions industrielles et conseiller au Commissariat général à l’investissement, Jean-Louis Levet qui avait relevé la nécessité pour «le Maghreb de se construire dans une logique d’échanges», a également prôné la mise en œuvre de projets communs entre l’Algérie et la France dans l’«intérêt» des deux pays. En ce sens, Jean- Louis Levet propose un «axe Paris-Alger», voire un axe «Paris- Alger-Johannesburg», une opportunité, selon lui, dans le contexte où un « avenir commun» et des enjeux problématiques d’ordre social, démographique et économique de long terme se posent pour les deux pays, outre l’impact de la concurrence chinoise. Et d’en appeler à mettre en œuvre un «partenariat d’égal à égal», d’«arrêter de se projeter dans le futur en regardant dans le rétroviseur». Cela même si cet économiste français estime certes que l’élite politique et les entreprises de l’Hexagone doivent être convaincues de la nécessité d’un tel axe et de l’opportunité de construire «ensemble» des filières industrielles innovantes, des partenariats dans le domaine de l’enseignement, la recherche et la science… Mais aussi que la nécessité de se moderniser s’impose pour l’économie algérienne, en termes de simplification des procédures administratives, tout en œuvrant à valoriser les atouts français dont la forte spécialisation qui «correspond aux besoins des entreprises algériennes», note M. Levet.
C. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): C. B.

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