FIÈVRE EBOLA: Pr Senhadji avertit : «L’Algérie n’est pas habituée à gérer des épidémies»

Lesoir; le Jeudi 4 Decembre 2014
2

Le Pr Kamel Senhadji n’exclut pas l’arrivée
du virus Ebola en Algérie. En l’absence d’une prise en charge
efficiente, ce chercheur craint que la panique ne prenne le dessus.

Rym Nasri - Alger (Le Soir)
Les pouvoirs publics doivent prendre plus au sérieux la fièvre Ebola
qui frôle nos frontières. Selon le directeur de recherche en immunologie
au CHU de Lyon (France), le politique doit associer le scientifique pour
une meilleure prise en charge de cette maladie.
«L’Algérie n’est pas habituée à gérer une épidémie. Dans la situation
d’une transmission d’un premier cas d’Ebola, nous pourrons facilement
céder à la panique», a-t-il souligné hier, à Alger. Il recommande ainsi
la mise en place d’une structure spécifique chargée du traitement du
virus Ebola et du développement d’un vaccin efficace contre cette
maladie. Un investissement qui nécessite, précise-t-il, des moyens
matériels et des compétences. Evoquant par ailleurs le sida, le Pr Kamel
Senhadji indique que les chiffres algériens, des personnes atteintes par
le VIH qui avoisinent 10 000 cas, sont le résultat de cas diagnostiqués.
«Ils sont loin de refléter la réalité. Même le ministère de la Santé
reconnaît qu’il y a beaucoup de cas qui échappent», dit-il avant de
rappeler que l’incidence de contamination par ce virus en Algérie est de
0,1%. L’annonce de la mise en place de 7 centres de diagnostic du VIH
par le ministre de la Santé n’est pour ce scientifique qu’«une autre
façon de reconnaître que plusieurs cas de sida n’ont pas été
identifiés». Seulement, poursuit-il, «il faut que ces centres soient
fréquentés d’autant que le diagnostic est gratuit et anonyme».
Une opération à laquelle le Pr Kamel Senhadji émet le souhait de voir
plusieurs départements ministériels (éducation nationale, enseignement
supérieur, affaires religieuses...) s’impliquer pour la sensibilisation.

Il estime que si cette opération s’accélère et que les centres soient
opérationnels, le nombre de cas touchés par le VIH va s’approcher
davantage des chiffres réels.
S’agissant du traitement de cette maladie, l’immunologiste assure que
l’Algérie dispose des mêmes traitements disponibles en Europe.
Toutefois, il déplore que seuls 50% des cas sont pris en charge
médicalement. «L’Algérie peut mieux faire pour que le traitement
(trithérapie) soit accessible à toutes les personnes atteintes de cette
maladie», dit-il encore.
Ry. N.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): Ry. N.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..