Football: LIGUE DES CHAMPIONS D’EUROPE: Manchester City en 8es, l'argent a fini par avoir raison

Lesoir; le Jeudi 7 Novembre 2013
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Manchester City, entré en 2008 dans le club très
privé des clubs richissimes avec son rachat par la famille royale d'Abu
Dhabi, a fini, après des années de gabegie princière, par s'offrir une
place en 8es de finale de la Ligue des champions.
Les Citizens ont au moins eu l'élégance de fêter avec un succès
spectaculaire sur le CSKA Moscou (5-2) cette entrée en retard dans
l'histoire.
Une issue qui va redonner le sourire à son propriétaire, plombé les deux
années précédentes par deux éliminations piteuses en poule alors qu'il
n'avait pas compté son argent pour gonfler artificiellement l'effectif
des Blues.
«Je ne sais pas si c'est un soulagement mais c'est un premier grand pas
vu que l'équipe n'était jamais parvenue jusque-là avant», a soufflé
l'entraîneur chilien Manuel Pellegrini, arrivé cet été pour remplacer
l'Italien Roberto Mancini. «On jouera les deux derniers matches pour
essayer de finir premiers».
Depuis 2008, le Sheikh Mansour a en effet dépensé environ 725 millions
d'euros pour recruter près de 50 joueurs.
City s'était pourtant endormi depuis ses heures de gloire à la fin des
années 1960 — deux matches de C1 joués en 1968 — et était même tombé en
3e division en 1998. Le club, après avoir commencé par regagner sa place
dans l'élite du football anglais en décrochant la Cup en 2011 puis son
3e titre de champion un an plus tard, est désormais enfin en mesure de
rivaliser avec les plus grosses écuries européennes.
Pourtant, l'apprentissage a été dur et jusque-là, le City des Emiratis a
suscité plus de moqueries que de crainte.
Après les trois premières années et plus de 480 millions d'euros
dépensés en achats compulsifs, les Citizens n'avaient ainsi rien gagné.
L'arrivée de Robinho pour 38 millions d'euros en 2008 puis son départ
pour zéro euro deux ans plus tard symbolise cette période où City, avec
Mark Hughes à sa tête, a semblé naviguer tel un bateau ivre.

Embryon d'âme
Depuis le changement d'ère, près de 100 joueurs ont quitté le club et
leur vente n'a rapporté que 120 millions d'euros.
Cette image de valse permanente ne traduit toutefois pas complètement la
réalité car Sheikh Mansour n'a «usé» depuis son arrivée que trois
entraîneurs. Et le dernier en date a été choisi pour son côté austère et
travailleur autant que ses bons résultats européens avec des équipes
sous-cotées.
Du côté de l'effectif, malgré le turn-over incessant, il subsiste quatre
survivants des débuts (Hart, Zabaleta, Kompany et Richards), ce qui a
fini par donner un embryon d'âme aux Citizens.
Si l'on ajoute à cela l'énergie du taureau Agüero et l'unité d'une
équipe qui s'est hispanisée, le club peut maintenant nourrir d'autres
légitimes ambitions.
«Un club comme City ne peut se satisfaire d'arriver en 8es de finale, a
ainsi rappelé le meneur Samir Nasri. Même si les dernières saisons ont
été compliquées, on a progressé et on peut encore s'améliorer en tant
qu'équipe car on ne rejoue pas avant février».
«On verra sur qui on tombe. A ce niveau, tout peut arriver et tout le
monde peut aussi nous battre», est d'ailleurs conscient Pellegrini.
Les deux buts encore encaissés contre Moscou dessinent en effet les
limites actuelles d'une équipe inconstante, pleine de talents offensifs
mais qui, à l'image des boulettes à répétition de son gardien, manque de
rigueur défensive et d'un véritable milieu protecteur.
Son déplacement prochain à Munich chez le champion d'Europe, qui l'avait
humilié à l'aller (3-1), sera un bon test pour une équipe qui a montré
qu'elle ne descendait plus en C1 en dessous d'un certain niveau, mais
pas encore qu'elle pouvait se hisser à celui des plus grands.

Categorie(s): sports

Auteur(s): lesoir

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