GESTION DES COMPTES BANCAIRES: L’origine de l’argent aux oubliettes ?

Lesoir; le Lundi 3 Decembre 2012
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Les mesures liées à l’amélioration, voire l’assouplissement des opérations et de la gestion bancaires sont en bonne voie de maturation et seront examinées lors du prochain Conseil des ministres. Néanmoins, la question du contrôle et de la traçabilité des transactions bancaires reste posée, notamment en matière légale et concernant la provenance des fonds.
Cherif Bennaceur - Alger (Le Soir) - Des mesures liées à l’amélioration, l’assouplissement des opérations et de la gestion bancaires sont en bonne voie de maturation. Ces mesures seront examinées prochainement en Conseil des ministres. C’est ce que le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci, ainsi que le délégué général de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (ABEF), Abderrazak Trabelsi, ont laissé entendre hier à l’hôtel El Aurassi. Les deux représentants de l’establishment financier national intervenaient en marge d’un séminaire de haut niveau sur la stabilité financière et la croissance dans les pays arabes. Ces mesures, dont l’élaboration a été confiée à deux groupes de travail représentatifs de la Banque d’Algérie, des banques commerciales et du ministère des Finances, visent en fait à assouplir les conditions d’ouverture des comptes bancaires pour les ménages ainsi que les modalités d’octroi des crédits bancaires. Devant être soumises à l’appréciation de l’Exécutif, ces mesures répondent, au demeurant, à l’invite que le Premier ministre, qui a rencontré voilà une dizaine de jours la Centrale syndicale et des opérateurs économiques, a adressée à l’establishment bancaire.` Ainsi, Abdelmalek Sellal avait suggéré l’élaboration d’«un nouveau règlement qui définisse la manière de rendre fluide le système bancaire algérien», estimant que «les tracasseries rencontrées par les citoyens qui veulent déposer leur argent dans les banques ou ceux qui veulent en emprunter doivent absolument disparaître». Le Premier ministre invitait, en fait, les banques commerciales à davantage de souplesse et à moins de bureaucratie dans l’ouverture des comptes ou l’octroi de crédit. En ce sens, les banques ne devront exiger de leurs futurs clients que le strict minimum de pièces administratives, et dans le souci unique de pouvoir assurer la traçabilité financière. En d’autres termes, l’obligation faite à certains demandeurs de présenter même l’extrait de naissance spécial (12 S) n’aura plus cours. En ce sens, le délégué général de l’ABEF précise qu’il s’agit de «privilégier l’aspect déclaratif» et de faciliter le développement de la bancarisation et du financement bancaire. A charge, cependant, de respecter strictement les règles prudentielles en vigueur ainsi que les dispositions légales et réglementaires relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent. Des dispositions qui empêchent justement les banques d’être davantage réactives en matière de financement et bancarisation. A ce propos, le Premier ministre avait indiqué que «le contrôle n’est pas le rôle de la banque» dans la mesure où l’Etat poursuivra son contrôle et dispose des instruments adéquats et que les établissements de crédit n’ont pas vocation intrinsèquement de s’y impliquer. Ce qui a suscité moult interprétations dont certaines très critiques, voire une assertion selon laquelle le Premier ministre appelle les banques à ignorer la provenance des fonds déposés. Or, c’est la question du contrôle et de la traçabilité des transactions bancaires qui se pose avec acuité. Comment assurer le contrôle des fonds déposés par les futurs clients, sans que les banques puissent s’impliquer ? Faudrait-il donc revoir la législation en vigueur ? Or, l’invite du Premier ministre n’est pas considérée comme contradictoire avec l’arsenal législatif et réglementaire en vigueur, assure-t-on au niveau de la Banque d’Algérie et de l’ABEF. Il ne s’agit aucunement d’une remise en cause des dispositions de la loi sur la monnaie et le crédit, précise-t-on, même si des rectifications techniques peuvent être apportées à la loi relative à la lutte contre le blanchiment d’argent.
C. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): C. B.

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