HAMLAOUI AKKOUCHI :: «Honte aux baisemains !»

Lesoir; le Dimanche 23 Decembre 2012
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Le secrétaire général d’El Islah, Hamlaoui Akkouchi, a assimilé le «faste» réservé par Abdelaziz Bouteflika au président français François Hollande lors de sa dernière visite en Algérie aux «extravagances auxquelles s’adonnaient Ismaïl Al Khedioui avec Napoléon III».
Un faste, dit-il, «payé par des contribuables qui ne sont pas d’accord pour une amitié avec la France avant que toutes les questions de la mémoire commune soient soldées». M. Akkouchi est allé plus loin, qualifiant de «masochisme» l’attitude de Bouteflika et de son gouvernement. «Au moment où la France officielle criminalise les actes de la Turquie contre les Arméniens à coups de lois et de déclarations virulentes, les détenteurs du pouvoir en Algérie applaudissent les demi-mots de Hollande», a-t-il déclaré. Et d’ajouter : «Ici, les lois sont promulguées plutôt pour organiser l’accueil de M. Hollande. Montrez-moi un seul pays qui aurait promulgué un décret pour accueillir un président étranger ! Les Français n’oseront jamais se permettre, ne serait-ce qu’un centième du faste qui a été réservé à leur président en Algérie. Et ce, parce que les dirigeants français ont des comptes à rendre à leurs contribuables qui leur imposent des lignes rouges à ne pas franchir. Or, le pouvoir en Algérie ne se fixe aucune limite et agit en toute impunité.» Aux yeux de M. Akkouchi, les engagements de la France dans les accords signés à l’issue de cette visite ne sont que «de la poudre aux yeux», car rien ne nous assure qu’ils seront respectés. «Je crois fort que ces accords n’iront pas loin. Il n’y a qu’à comparer avec le Maroc pour se rendre compte que les intentions de la France ne sont pas aussi sincères avec nous qu’avec nos voisins. Combien de conventions avons-nous signées avec la France et qui sont restées lettre morte ?», s’est-il interrogé. Cette digression évoquant les accords économiques ne l’a néanmoins pas trop éloigné de l’objet de son intervention : «Cette générosité avec laquelle fut accueilli Hollande suppose une allégeance, engendre le mépris, rend confuse cette relation dans l’esprit des générations futures et surtout humilie les moudjahidine. Le pouvoir s’est rabaissé à un tel point qu’il a oublié que notre indépendance a été arrachée au prix du sang car la France ne nous l’avait pas offerte sur un plateau.» Bref, c’était l’occasion, a-t-il conclu, pour les harkis de sortir dans la rue faire des baisemains à M. Hollande comme au temps de la colonisation…
L. H.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): L. H.

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