IBN KHALDOUN DE CHERGUI KHARROUBI À BRUXELLES: Lumières à Espace-Magh

Lesoir; le Mardi 5 Novembre 2013
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De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari
Rendre hommage à Ibn Khaldoun en une heure et des poussières n’est pas
chose aisée. Chergui Kharroubi a tenté l’exploit et a réussi. A la
grande satisfaction des «Amitiés belgo-algériennes» et du nombreux
public présent à Espace-Magh.
Il a fait Tunis, Biskra, Tlemcen, Béjaïa, Le Caire, Frenda, Grenade,
Fès. Il a été jurisconsulte, philosophe, historien, historiographe,
poète ; en un mot, c’était une véritable encyclopédie, un penseur rare.
Lumière en pleine décadence d’empires arabo-musulmans, tous en déclin,
Abderrahmane Ibn Khaldoun n’était pas, n’est pas n’importe qui. Chergui
Kharroubi s’est, pourtant, attaqué à cette citadelle, caméra au
poing. Le documentaire qu’il livre est de qualité. Parce que dire Ibn
Khaldoun en une heure et des poussières est une gageure, pas à la portée
du premier venu. Il faut relever que les voix sublimes de Hadja Lahbib,
animatrice vedette de la télévision publique francophone belge et celle
grave, juste, agréable à entendre de Abdennour Chellouche ont vraiment
porté la réalisation de Chergui Kharroubi. Hadja Lahbib était d’ailleurs
présente lors de la présentation du film à Espace-Magh, entourée d’une
brochette de ministres belges, diplomates algériens, tunisiens,
marocains et autres personnalités du monde des arts, des lettres et de
la politique en Belgique. Ibn Khaldoun, né à Tunis, mort et enterré au
Caire. Quel parcours ! Quelle vie ! Quelle œuvre ! Le docu-fiction de
Chergui Kharroubi qui donne la parole à des sommités, des penseurs et
chercheurs qui ont travaillé sur l’encyclopédiste est sincère et ne
tombe pas dans la facilité. Ibn Khaldoun traverse un siècle, XIVe (14)
contradictoire, violent, bouleversé.
Lui-même issu de cette maturation ne pouvait pas échapper à son destin,
à cette période. Il l’a vécue avec ses forces et
faiblesses. Intellectuel brillant, il ne succombera pas, pour autant à
la facilité. Dans les cours et les palais royaux qu’il fréquente
régulièrement en assumant les plus hautes charges administratives et
politiques, il ne sera jamais un bouffon, un diseur de bonne aventure ou
un courtisan zélé. Il a su séparer l’intellect du matériel, pas de
mélange des genres. Son œuvre, immense, n’est pas une apologie de telle
ou telle dynastie, ni un pensum de bien de tel ou tel prince. Rien à
voir. A Frenda, étape essentielle de son parcours de savant, puisque
selon les expertises les plus crédibles c’est de cette localité à
quelques encablures de Tiaret que les prolégomènes sont nés, il prend
recul, discipline sa pensée, fait des choix d’écriture et prend option.

Le documentaire de Chergui Kharroubi ne s’est pas voulu un résumé de
l’œuvre de Ibn Khaldoun, cela aurait été prétentieux et même impossible
à réaliser dans une seule pellicule, en ce sens le choix du réalisateur
fut le lien et c’est réussi. Il visite Ibn Khaldoun sans
arrière-pensées, sans parti pris, il ne cherche même pas à en rajouter.
La vie et la production de Abderrahmane Ibn Khaldoun se suffisent à
elles-mêmes. Il fallait s’implement savoir les saisir par un œil
expert. Celui de Kharroubi l’a été... Les Amitiés belgo-algériennes (LABA)
ont eu la main heureuse en programment Ibn Khaldoun de Chergui Kharroubi. Personne
n’a regretté son déplacement à Espace-Magh. La présidente de cette
dynamique association, Ghezala Cherifi, ne cachait d’ailleurs pas sa
joie à l’issue de la projection. Elle avait bien raison.
A. M.

Categorie(s): culture

Auteur(s): A. M.

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