IL A TENTÉ DE FAIRE OUBLIER SES DÉCLARATIONS SUR LE SAHARA OCCIDENTAL: Ammar Saâdani gêné

Lesoir; le Lundi 30 Novembre 2015
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Le secrétaire général du Front de libération
nationale, Ammar Saâdani, est visiblement très gêné par «l’affaire du
Sahara occidental» et ses stupéfiantes déclarations faites lors d’une
émission de télévision. «Non ! Il n’y a eu aucun tollé médiatique. C’est
la presse qui en a créé», se hasardera-t-il, entre autres, en réponse à
des questions de journalistes en marge de la réunion du groupe
parlementaire du parti qu’il a présidée, hier dimanche, au siège de
l’Assemblée.
Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Jamais, en effet, depuis son
intronisation à la tête du FLN, le 29 août 2013, Ammar Saâdani n’a été
en si mauvaise posture que depuis ces malheureuses déclarations sur le
dossier sahraoui. Mieux que quiconque, il sait à quel point cela l’a
fragilisé. Lui qui, déjà, s’est attiré le courroux du cercle
présidentiel depuis le 10e congrès de début juin dernier.
Et cette affaire tombe très mal pour lui, à la veille des élections
sénatoriales, notamment le changement attendu à la présidence du Conseil
de la nation que Bouteflika (avait ?) prévu pour l’actuel SG du FLN.
D’où le soin qu’il prend à chaque fois d’éviter ce sujet «qui fâche».
D’où, aussi, son discours offensif à l’égard de l’opposition, Louisa
Hanoune surtout. Tant au cours de son intervention devant le groupe
parlementaire du FLN qu’en marge de celle-ci, Saâdani fera de la
patronne du PT, «Louisa», comme il aime à la nommer, sa cible
privilégiée.
La controverse créée par le fameux article 71 de la loi de finances pour
2016, au même titre que les articles 2 et 66 , Saâdani la qualifie de
«graves accusations de Louisa qui nous accuse de vouloir vendre le pays
car elle ne peut pas faire passer ce qu’elle veut. Si elle veut faire
abroger l’article 71, elle n’a qu’à mobiliser son groupe et le faire
tomber lors de la séance de vote», dira encore Saâdani, un brin
ironique, en faisant allusion à la taille modeste du groupe PT à
l’Assemblée.
Devant une multitude de ministres en exercice du gouvernement Sellal,
Saâdani s’élancera, en s’adressant à ses députés : «Que celui, parmi les
députés du FLN qui se découvre des qualités de zaïm, en s’opposant au
projet du gouvernement, aille se présenter en indépendant.
Certains, dans l’opposition, ont essayé d’infiltrer notre groupe
parlementaire pour faire passer les projets de l’opposition. Il est
inacceptable qu’un député du FLN soutienne la position de l’opposition
!» Saâdani fait allusion, ici, à Louisa Hanoune mais aussi aux
redresseurs du FLN.
Dans son entourage, on accuse en effet d’anciens ministres comme Amar
Tou, Abderrahmane Belayat et Rachid Harraoubia de tenter de convaincre
certains députés de voter contre la loi de finances. «Que certains se
mettent une bonne fois pour toutes dans leur tête que ce gouvernement,
c’est le gouvernement du FLN. Que le président de la République aussi
est celui du FLN.» Il ajoutera par ailleurs, confiant : « La loi de
finances sera adoptée car c’est nous la majorité et cela se passe comme
ça dans tous les pays du monde.»
Le secrétaire général du FLN fera également siennes toutes les mesures
du gouvernement, y compris les plus impopulaires : «Pour les
augmentations des prix des carburants ou de l’électricité, le
gouvernement a constaté qu’il y a déséquilibre et c’est son rôle d’y
remédier.»
Enfin, s’agissant de ses relations avec Ouyahia et le RND, Saâdani
explique : «Pour l’initiative, le RND qui a aussi la sienne, nous lui
donnons le temps. Nous n’excluons pas des contacts à l’avenir dans ce
sens.» Une manière bien diplomatique d’éviter la polémique…
K. A.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): K. A.

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