Il s’attaque au DRS et au premier ministre: Qu’est-ce qui fait courir le SG du FLN ?

Lesoir; le Mercredi 6 Novembre 2013
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De tous les secrétaires généraux du Front de
libération nationale (FLN), Amar Saïdani est de loin celui qui agit le
plus par bravade, entretenant en même temps deux adversités : accabler
le DRS et se quereller avec le Premier ministre. Deux choses peuvent lui
avoir inspiré cette méthode bulldozer : la nature de l’enjeu et une
contrainte temps.
Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir)
Relativement au DRS, Amar Saïdani
signe la caution de son parti, le FLN, à l’entreprise de démembrement
des services de renseignement que Bouteflika a engagée en vue de réduire
de leur influence sur la vie politique, les institutions et
l’administration. Dans cette entreprise risquée, tant est qu’elle n’est
pas exempte d’effet boomerang, le chef de l’Etat avait besoin d’appuis
partisans. Et en la matière, il n’y a pas plus indiqué que le FLN, parti
majoritaire dans les assemblées élues et partie intégrante du
gouvernement, pour embrayer à la suite de Bouteflika et justifier, a
posteriori, que les entailles opérées dans le DRS relèvent de la bonne
cause.
C’est d’ailleurs pour les besoins de cette mission précise qu’Amar
Saïdani a été coopté puis imposé à la tête du parti, alors que ne
manquaient pas les prétendants parmi les vieux caciques et autres jeunes
loups.
Pour une telle cause, Amar Saïdani est le profil idoine : il ne se pose
pas de question, il fonce et ne s’encombre pas des consultations
préalables pour gagner le front et impliquer l’appareil. Ses adversaires
du Comité central ne manquent d’ailleurs pas de lui reprocher d’engager
le parti sans se référer aux instances délibérantes. Il n’en a cure. Il
a l’appui du chef de l’Etat et cela le rassérène et l’encourage.
N’avait-il pas remercié Bouteflika pour la confiance qu’il avait placée
en lui devant les députés qui étaient censés l’avoir élu au poste de
président de l’APN ? S’il exécute à la lettre la mission qui lui est
confiée, Amar Saïdani n’est cependant pas sevré d’ambition. Il est tel
un écuyer qui attend d’être armé lui-même chevalier, après avoir enduré
l’épreuve d’avoir accompagné le chevalier à la guerre, porté son écu et
aidé à prendre ses armes.
L’ordre auquel Amar Saïdani aspire n’est rien moins, dit-on, que le
siège rapproché du fauteuil présidentiel : le poste de vice-président,
en somme. Mais il se trouve que sur son chemin se dresse un autre
candidat potentiel, qui de surcroît a bonne fiche chez le DRS et jouit
d’une bonne presse chez Bouteflika : le Premier ministre Abdelmalek
Sellal.
Amar Saïdani pense qu’il ne se rapprochera de son but qu’avec
l’éloignement de Sellal. Aussi entreprend-il de le dévier de cette
trajectoire politique, en lui assénant coup sur coup, dans le silence
complice de Bouteflika. Il apparaît, en effet, clair que Bouteflika, qui
ne déteste pas pour autant Sellal, verrait plutôt mieux Saïdani comme
son dauphin, ce dernier ayant grillé ses cartes avec le DRS, présente
moins de risque de trahir le gentleman agreement, base de la
cohabitation future entre le Président et son dauphin. Plus encore, dans
les circonstances actuelles, le vice-président assumera de fait les
charges du Président.
Agé et malade, Bouteflika ne pourrait assumer l’intégralité de ses
charges. Et c’est le vice-président qui, logiquement, devra pallier ses
insuffisances. Mais alors pourquoi Saïdani met-il autant d’acharnement à
vilipender Sellal, au lieu de manœuvrer en douce ? La raison relève du
calendrier.
Saïdani use de la pelleteuse politique parce que le temps d’action est
court. Dans son esprit, il faut déstabiliser Sellal avant la prochaine
révision de la Constitution, laquelle instituerait le poste de
vice-président. Celui qui aura d’ici là terrassé l’autre aura de fortes
chances d’accéder au poste. Et dans cet affrontement, Saïdani bénéficie
de l’avantage du soutien du clan.
S. A. I.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): S. A. I.

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