ILS FONT L’OBJET DE MULTIPLES CRITIQUES: Pressions sur les hommes du Président

Lesoir; le Mercredi 2 Decembre 2015
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Les hommes sur lesquels s’appuie le président de la
République sont devenus la cible d’attaques de plus en plus fréquentes.
Ammar Saâdani, leader d’un parti majoritaire, Ali Haddad, opérateur
économique des plus influents, Bouchouareb, le ministre de l’Industrie,
et même le vice-ministre de la Défense dont le rôle est apparu
controversé dans l’affaire du général Hassan, sont aujourd’hui au centre
d’une véritable polémique dont on imagine mal l’issue.

Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Récemment, et à la faveur de la
tenue du procès du général Hassan, des voix se sont ainsi élevées pour
s’interroger et s’étonner de la démarche du vice-ministre de la Défense
dans cette affaire. Les deux avocats de l’accusé, Mes Mokrane Aït Larbi
et Bourayou, ont jeté un véritable pavé dans la mare.
Le général Hassan a été poursuivi par «celui-là même qui l’avait
félicité pour sa droiture et sa bravoure dans la lutte antiterroriste».
A savoir Gaïd Salah. Plus grave encore.
Me Bourayou a fait savoir à travers plusieurs médias que le dossier
préparé contre son client a été établi par la DCSA (Direction centrale
de la sécurité de l’armée), un organisme qui dépend directement du
ministère de la Défense.
Les officiers ayant témoigné dans l’affaire ont, quant à eux, révèle la
même source, été transférés du service chargé de la recherche dans la
lutte antiterroriste à la DCSA, laissant ainsi entendre que Gaïd Salah
est en partie responsable de l’affaire du général Hassan. Les faits
laissent perplexe.
Pour ce, des voix se sont élevées, celle du général Nezzar entre autres
pour réclamer l’arbitrage du président de la République qui «sait que
l’homme est innocent». Il détient, selon lui, une lettre signée par le
général Toufik qui assume l’entière responsabilité des accusations
portées contre son ancien collaborateur.
Lousia Hanoune l’a rejoint en révélant les propos que lui a tenus
Bouteflika en 2014 : «Le général Hassan n’a rien fait, le dossier est
classé.»
Parmi les hommes du Président ciblés, certains sont carrément accusés
d’être à l’origine des dérives en cours dans le pays. Les propos de
Louisa Hanoune à ce sujet sont très durs. Elle accuse ni plus ni moins
le ministre de l’Industrie de vouloir détruire l’économie nationale, de
brader le pays au profit de puissances étrangères. Et elle le dit
clairement : «Ce ministre a montré sa couleur politique. Il sert
l’intérêt de l’oligarchie, les intérêts de l’étranger et notamment ceux
de la France. Nous avons la preuve qu’il a été transféré de l’énergie du
temps de Yousfi vers l’industrie pour des objectifs antinationaux qui
ont un rapport avec le pillage de l’étranger. Nous avons en notre
possession des éléments d’informations très graves.» Sa voix a-t-elle
été entendue ? Ces terribles accusations ont-elles fait l’objet d’un
approfondissement, de recherches par les autorités concernées ? Très peu
probable pour le moment compte tenu de l’issue du passage en force de la
loi de finances 2016.
Il en est de même pour Ali Haddad. Le président du FCE connu pour ses
appuis au sein du pouvoir, ce qui lui a donné des largesses et une
latitude d’action auxquelles n’a pas accès qui veut, est lui aussi très
fortement critiqué par nombre d’acteurs politiques et même par ses
collaborateurs immédiats qui ont préféré claquer la porte du Forum des
chefs d’entreprises sans même l’en informer.
La récente démission de Mahieddine Tahkout, responsable d’une entreprise
de transports, a révélé une situation de désaccord flagrant avec Ali
Haddad fréquemment accusé d’avoir outrepassé sa mission en s’engageant
dans des débats politiques avec lesquels il n’a aucun lien. C’est l’une
des principales accusations lancées à son encontre par son ancien
collaborateur Tahkout.
L’ancien ministre de l’Energie, Réda Hamiani, l’a rejoint, regrettant à
son tour son immixtion dans les débats chauds qui font l’actualité dans
le pays. Plus grave, des responsables politiques ont été jusqu’à
l’accuser de s’immiscer y compris dans les affaires de ministres en
poste et de s’octroyer des pouvoirs qui dépassent ses prérogatives. Tout
comme le secrétaire général du FLN carrément accusé d’avoir confisqué la
parole au président de la République. Toutes ces déclarations, ces
propos tranchants, voire violents sur les grandes et petites questions
de politique nationale ont fait de lui la cible numéro 1 des critiques
qui fusent un peu partout.
Et depuis, toutes les interrogations sont permises. Le Président
aurait-il fait fausse route en s’appuyant sur des hommes qui n’ont pas
su mener à bien la mission qui leur incombait ? Les «dépassements» qui
leur sont reprochés sont-ils la conséquence de la maladie qui empêche
Bouteflika de s’impliquer plus franchement dans les affaires de tous les
jours ? Difficile de trouver réponse. En attendant, les voix continuent
à s’élever pour controverser, dénoncer y compris l’entourage immédiat de
Bouteflika…
A. C.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. C.

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