INSTALLATION DES NOUVEAUX ÉLUS DANS LA WILAYA DE TIZI-OUZOU: Tension dans plusieurs communes

Lesoir; le Samedi 15 Decembre 2012
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Alors que le cas de la mairie de Tizi-Ouzou, qui a tenu en haleine plusieurs jours durant l’opinion publique, a été définitivement clos avec la prise de pouvoir de l’élu RCD Ouahab Aït-Menguellet, dans l’après-midi de jeudi, dans plusieurs communes de la wilaya, en revanche, l’effervescence était à son paroxysme au fur et à mesure que l’on s’approchait du délai imparti par la loi pour l’installation et, surtout, l’identification des nouveaux présidents d’APC.
Ainsi, c’est au bout du suspense qu’est allée l’installation du nouveau pensionnaire de la mairie de Maâtkas, porté à la tête de la mairie après un deuxième tour d’une élection qui a donné lieu à un coup de théâtre, mardi dernier, lorsque, contre toute attente, une voix devant revenir à Slimane Khermouche, l’unique candidat ayant obtenu plus de 35% des voix et 8 sièges sur les 19 que compte la municipalité, a atterri ailleurs que ce qui était attendu. Jeudi dernier, le vote des élus a abouti à la consécration du candidat du MPA avec 10 voix contre 9 pour celui de l’alliance FFS-FLN-RCD. Aussitôt proclamé président d’APC, le nouvel édile a pris ses fonctions. Une issue qui tranche avec ces cas biscornus où l’incertitude a cédé le pas à la tension. En effet, la tentative de l’administration d’installer des présidents d’Assemblées populaires communales a buté dans plusieurs chefs-lieux sur le refus des populations respectives d’être administrées par un maire qu’elles n’ont pas choisi. Et pour protester contre ce qu’elles appellent «un détournement de leurs votes», elles ont procédé à la fermeture des sièges d’APC et de daïra. A Tigzirt, à Mechtras, à Makouda, à Boudjima, M’kira ou encore à Ath Bouadou, le constat est presque le même. C’est ainsi qu’à Tigzirt, alors que la liste du RCD, qui a obtenu 40 % des suffrages exprimés, s’est vu écartée par une alliance FFS-RNDFLN qui se sont partagés la présidence et les quatre vice-présidences, bien avant le vote des élus, et c’est ce qui a fait sortir de leurs gonds les six élus du RCD qui ont quitté la salle. La population, présente en masse aux abords de la mairie, a tout de suite réagi, refusant aux «coalisés» de sortir, avant de procéder à la fermeture de toutes les portes de la mairie et du portail principal de la daïra. «Non à la confiscation du choix du peuple», lit-on sur une banderole accrochée à la façade de la mairie. Dans une lettre remise au secrétaire général de la wilaya venu installer cette APC, les six élus RCD informent l’administration qu’ils ne cautionneront pas «cette mascarade» qui va à l’encontre de la volonté des citoyens. Fort de sa légitimité et du soutien massif de la population, le RCDTigzirt a, dans un appel placardé sur les murs de la cité balnéaire, invité ces mêmes citoyens à rester mobilisés «pour empêcher ce hold-up». Dans un rapport adressé au wali, ces élus ont remis en cause la lecture faite par l’administration de l’article 80 de la circulaire ministérielle du 5 décembre dernier. Par ailleurs, à 20 km plus au sud, à Makouda, des centaines de citoyens ont, durant toute la journée de mardi dernier, barricadé toutes les issues menant au collège de la localité où devait se dérouler l’élection du nouveau président. Dans cette localité aussi, la marie et la daïra ont été fermées avant que toutes les portes de cette APC ne soient purement et simplement soudées, en fin de journée de ce jeudi. A Ath Bouadou, au sud de la wilaya, les élus de la majorité RCD, reçus par le wali mercredi, n’ont pu trouver un terrain d’entente. Dans la missive remise au wali et dont une copie a été remise à la presse, ces élus dénoncent «les magouilles de l’administration ». D’autre part, si l’APC d’Ath Chaffa a été installée jeudi en fin de journée, donnant, ainsi, la présidence au FLN, écartant de fait le RCD qui a obtenu une majorité relative, à Boudjima, dans la daïra de Makouda où, là aussi, le RCD est arrivé en tête, les élus du FFS et du RND ont quitté la salle où allait se dérouler l’élection. Le FFS, qui a proposé, deux jours avant, une triangulaire que présidera la tête de liste majoritaire, est revenu sur sa proposition. Suite à cette dérobade, les citoyens de Boudjima ont fermé leur mairie. En outre, à Azeffoun et Iflissen, bien que le RCD soit sorti relativement majoritaire, le FFS, et à la faveur de cette fameuse circulaire de mercredi dernier, prend les commandes et octroie des présidences de commissions au RND et au FLN. Enfin, et il faut le noter, à Mizrana, une région qui a longtemps souffert du terrorisme, l’alliance FFS-RND-FLN a été brisée. Dans cette commune rurale où, là aussi, le RCD est arrivé en tête, le parti de Mohcine Belabbas a réussi une première et s’est allié avec le FFS, prenant ainsi tout le monde de court.
A. Idir /B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. Idir /B.

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