ISABELLE EBERHARDT COMMEMOREE A ALGER ET EL-OUED: L’écrivain trait d’union entre l’Algérie et Genève

Lesoir; le Samedi 6 Decembre 2014
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Le mardi 9 décembre à Alger et le mercredi 10
décembre à El Oued, l’ambassade de Suisse et la fondation Zaphira Yacef
commémorent Isabelle Eberhardt.
Intitulée «Isabelle Eberhardt, chevauchée vers la lumière : de Genève à
El Oued», cette double manifestation, au-delà de l’hommage, vise à
donner divers éclairages sur cette femme fascinante et aux différentes
personnalités. «L’accent sera mis surtout sur le côté oeuvres de
l’écrivain, plus que sur l’aventurière», a précisé Mme Muriel Berset
Kohen, ambassadeur de Suisse en Algérie, lors d’une conférence de presse
animée conjointement avec Zaphira Yacef. La première partie de la
rencontre est programmée au Palais de la culture Moufdi-Zakaria, Alger,
le 9 décembre à partir de 16h30. Le public cordialement invité (entrée
libre) aura d’abord l’occasion de visiter l’exposition de peinture que
Zaphira Yacef a dédié à Isabelle Eberhardt. S’ensuivent, à partir de 17
h, trois intéressantes conférences accompagnées d’un débat avec le
public (de 17h45 à 18h15). Mme Geneviève Perret, historienne et
anthropologue à Genève, animera la première conférence intitulée
«Isabelle Eberhardt, une Genevoise à contrecourant». La deuxième
intervention a pour titre «Isabelle Eberhardt, le rêve de l’écrivain
nomade», avec une contribution de Mme Doris Jakubec, professeur
honoraire de l’Université de Lausanne. Quant à l’écrivain algérien
Farouk Zahi, il a intitulé sa conférence «Isabelle Eberhardt, l’ultime
escapade». Après le débat, ce sera autour de l’animatrice Narrimen
Zohour Sadouni de donner lecture des écrits d’Isabelle Eberhardt, sur un
rythme de gasba. Cette première journée s’achève dans une ambiance
festive, avec la sympathique réception animée par le musicien Mohamed
Rouane.
Le lendemain 10 décembre, à partir de 15h30, c’est l’université Chahid-Hamma-Lakhdar
d’El Oued qui honore Isabelle Eberhardt. Au programme, l’exposition de
peinture de Zaphira Yacef, les allocutions de bienvenue et trois
conférences suivies d’un débat. Cette fois, l’intervention de Mme
Geneviève Perret, s’intitule «Au-delà de l’orientalisme». Abdelkader
Mihi (qui a traduit en arabe tous les textes d’Isabelle Eberhardt) a
intitulé sa conférence «Séjour d’Isabelle dans le Souf». La troisième
intervention, celle de Mme Doris Jakubec, revient sur «Isabelle
Eberhardt, le rêve de la vie nomade». A propos du volet El Oued, Mme
l’ambassadeur de Suisse a rappelé combien «il était important d’aller
dans d’autres endroits de l’Algérie, de partir sur les traces d’Isabelle
Eberhardt». Mme Muriel Berset Kohen a également rappelé que «la
manifestation a lieu grâce au soutien du maire de Genève, et à l’intérêt
commun avec Zaphira Yacef pour cette grande voyageuse». Pour Mme
l’ambassadeur, «Isabelle Eberhardt incarne le grand écrivain qui lie la
ville de Genève à l’Algérie, elle reste un trait d’union».
Au cours de ces rencontres à Alger et El Oued, il sera donc beaucoup
question «de ses grandes qualités d’écrivain, Isabelle ayant écrit
quelque 2000 pages de textes de différentes natures : articles de
presse, romans et nouvelles, textes historiques...» Une «plume acérée, à
travers des écrits très intimistes», sur l’Algérie sa terre de
prédilection, sur l’islam, sur les gens dont elle était très proche.
«Isabelle Eberhardt est un personnage moderne, libre et très inspirant.
Elle dérangeait, car elle était contre le colonialisme, contre
l’injustice. Elle était en porte-à-faux avec les valeurs bourgeoises par
son comportement», a relevé Mme l’Ambassadeur. Cette commémoration sera
l’occasion pour le public de mieux connaître la jeune femme qui avait
sillonné l’Algérie de 1897 à 1904, et qui est morte à Aïn-Sefra le 27
octobre 1904, à l’âge de 27 ans.
Hocine Tamou

Categorie(s): culture

Auteur(s): Hocine Tamou

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