Journée mondiale de lutte contre le Sida: Le nombre de décès liés au VIH a triplé

Lesoir; le Mercredi 2 Decembre 2015
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Célébrée hier à l’Institut Pasteur d’Alger, la
Journée mondiale du Sida a été surtout dédiée à la sensibilisation.
Ministre de la Santé, professeurs et experts ont fait le diagnostic de
l’évolution de cette épidémie tout comme le plan de riposte. Une lutte
qui fête ses 30 ans, pourtant le VIH triple aujourd’hui ses victimes.

Naouel Boukir - Alger (Le Soir) - Contrairement à la tendance
mondiale allant vers la baisse du taux de décès qu’engendre le virus
VIH, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient consacre une flambée
alarmante. L’Onusida indique que ce pourcentage a même plus que triplé
entre 2000 et 2014 pour atteindre 12 000 décès dans cette région.
Au niveau national, des chiffres effarants sortent de l’ombre du tabou :
près de 800 nouveaux cas ou de nouvelles infections sont enregistrés
chaque année. Au 30 septembre 2015, on note plus de 9 600 individus
atteints du virus VIH. Une «épidémie» dont la transmission sexuelle est
responsable de plus de 90% des atteints, a expliqué le professeur Saïd
Mesbah, président du Comité national de la lutte contre le Sida. Il
révèle d’ailleurs que ce résultat constitue la conséquence directe de ce
qu’il a qualifié de «sexe clandestin», de la faible protection ou de la
non-utilisation de préservatifs.
Pour appuyer cette argumentation, son collègue le professeur Achour
Amrane, activant dans ce domaine depuis les années 1985, met l’accent
sur le contexte socio-comportemental rudimentaire. Effectivement, les
dernières études menées dans ce sens convergent vers le constat suivant
: les ¾ des hommes avouent ne pas avoir utilisé de préservatifs dans
leur dernier rapport sexuel. Une conclusion lourde de conséquence selon
les deux professeurs et qui explique par ailleurs les chiffres
précédemment communiqués.
En l’occurrence, le type de Sida nous concernant est «peu actif» dans la
population générale, selon les deux intervenants. Par contre, il se
révèle «féministe» et intensivement concentré sur les personnes
vulnérables (consommateurs de drogues et stupéfiants, enfants, femmes
enceintes particulièrement).
Pour revenir au plan national stratégique de riposte, il s’inscrit dans
le plan mondial élaboré par l’Onusida dans le cadre du développement
durable dont la finalité est d’éliminer «définitivement» le virus VIH à
l’horizon 2030, a expliqué le ministre de la Santé lors de son
intervention. Il a réaffirmé, par la même occasion, représenter la
«volonté politique» à lutter contre le Sida en collaborations régionales
et internationales. Ceci, en mettant l’accent sur le contexte qui impose
«une grande vigilance» de tout un chacun.
Même si A. Boudiaf a déclaré que cette cause constitue une priorité du
gouvernement et bénéficie d’importants moyens techniques et financiers,
le taux de couverture des traitements demeure «très insuffisant». Il est
vrai que le dépistage est anonyme et à titre gratuit nonobstant qu’il
est indispensable de booster sa promotion et de lutter contre la
«stigmatisation». Effectivement, le professeur S. Mesbah a attiré
l’attention sur l’urgence de développer le réseau informationnel, le
mécanisme de suivi des patients et la nécessité de déployer les «moyens
humains» pour l’assistance psycho-sociale à travers notamment la
décentralisation des centres spécialisés. Car faut-il rappeler que les
62 établissements existants sont en-deça des besoins d’une population
dépassant les 40 millions. Et ce même avec la création de 7 nouveaux
autres en 2016 déclarés par le ministre de la tutelle.
Pourtant toute la plateforme de riposte contre le Sida est aujourd’hui
perfectionnée, mais sa mise au point locale enregistre «quelques
imperfections» et la lutte n’est pas à sa fin, ont avoué les
professeurs.
Il y a intérêt à unir «les forces», coopérations multisectorielles et
l’appui de la société civile et du corps associatif, à travers la
sensibilisation notamment en milieu scolaire et éducatif, ainsi que
l’accentuation du rôle des médias. Car le manque de moyens financiers ou
techniques ne constitue pas tellement l’obstacle le plus important. La
barrière socioculturelle, peu favorable à l’acceptation sociale de
l’individu atteint du VIH ou du virus de façon générale, demeure
l’entrave la plus rigide dans «ce combat».
N. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): N. B.

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