Karim Djoudi :: «Oui, il y a eu dépréciation du dinar»

Lesoir; le Jeudi 7 Novembre 2013
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La dépréciation de la monnaie nationale par rapport à
l’euro, constatée ces derniers mois, le ministre des Finances ne semble
pas inquiet outre mesure.
Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir)
Invité hier, de la rédaction de la
Chaîne III de la radio nationale, Karim Djoudi a noté une «inversion» de
la tendance, le taux de change euro/dinar étant passé, selon lui, de 113
à 109 dinars durant les derniers jours. Ainsi, alors que la monnaie
nationale s’était dépréciée de 7% par rapport à l’euro, le ministre des
Finances constate «une légère appréciation du dinar contre l’euro».
Une évolution que l’invité radiophonique n’explique pas toutefois. De
fait, Karim Djoudi a préféré rappeler une évidence, celle que la
politique de change est du «ressort» de la Banque d’Algérie. Selon le
ministre des Finances, la Banque centrale intervient sur le marché des
changes, soumis à des fluctuations, en tant que régulateur et garant de
la stabilité de la monnaie nationale.
Comme Karim Djoudi réfute tout lien entre cette dépréciation du dinar et
la volonté des pouvoirs publics de limiter l’envolée des importations.

Ce qui serait inopérant si tel était le cas, laisse-t-il entendre, dans
la mesure où une dépréciation volontaire induirait une hausse des prix
alimentaires et constituerait une charge budgétaire additionnelle pour
l’Etat, engagé dans la politique de soutien. Une politique de subvention
que l’Etat poursuivra, assure-t-il, même s’il devra à terme «la revoir»,
en fonction de l’évolution des revenus et de la création des richesses,
tout en veillant à préserver le pouvoir d’achat des citoyens.

Les opérations de commerce
extérieur impactent
Or, pour le ministre des Finances, l’inflation «en tant que telle n’est
pas forcément l’explication» de la dépréciation, même si la Banque
d’Algérie est tenue d’opérer une «correction» par rapport à nos
partenaires. A propos de l’inflation, Karim Djoudi notera une tendance
graduelle à la décroissance en 2013, l’exécutif tablant sur une
hypothèse de 4% à la fin de l’exercice.
Comme le ministre des Finances assurera que la masse monétaire en
circulation n’est pas un élément qui impacte imédiatement sur le taux de
change. Ce qui impacte sur le taux de change, relève M. Djoudi, c’est
fondamentalement la liquidité de l’économie, les opérations de commerce
extérieur (importations) qui «ont fortement augmenté, poussant la
demande sur le marché» des devises.
Certes, cette dépréciation permettra d’«améliorer les recettes
pétrolières exprimées en dinars», note-t-il, tout en assurant que
l’impact sur l’importation des biens d’équipement sera patent mais pas
dans l’immédiat. D’autre part, Karim Djoudi a estimé qu’il «n’est pas
envisageable, aujourd’hui, d’instituer l’autorisation d’importation,
l’Algérie étant liée selon lui, par des accords internationaux». Cela
même si des règles normatives «inhérentes» aux produits importés peuvent
être utilisées, indique-t-il, tout en insistant sur la nécessité de
«réguler» les importations, en hausse de 14% durant le premier semestre
2013 et dont 90% de cette augmentation portent sur des biens
intermédiaires (véhicules de tourisme notamment).
Concernant la relance du crédit bancaire à la consommation, mais en
faveur de la production nationale, l’invité de la Chaîne III s’est
déclaré «partisan» tout en affirmant qu’«il faut attendre que la Banque
d’Algérie mette en fonctionnement la Centrale des risques pour éviter
des situations d’endettement des ménages, des risques d’impayés...».
C. B.
Réserves officielles de change
6% sont placés dans des banques commerciales et centrales
6% des réserves officielles de change sont placées
dans des banques commerciales, des banques multilatérales et des banques
centrales dans le monde. «Ce qui donne un volant de trésorerie»,
indiquait hier, le ministre des Finances, tout en précisant que «la
conduite de la politique de gestion des réserves de change obéit à un
certain nombre de critères». Il s’agit, dira Karim Djoudi, de «la
minimisation du risque, le placement dans diverses monnaies (dollar,
euro, yen et livre sterling) et la sécurisation du titre qui accompagne
la liquidité des titres. C’est l’objectif central de la politique de
gestion des réserves et d’investissements».
C. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): C. B.

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