Kateb Yacine de nouveau à l’honneur à Guelma

Lesoir; le Mardi 4 Decembre 2012
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«Quoi que dise la
vieille espérance, forçons les portes du doute.»
Kateb Yacine, Soliloques
Il y a un demi-siècle que l’Algérie est indépendante. Une indépendance
chèrement acquise, chèrement payée par les Algériens. Le vingt-quatrième
anniversaire de la mort de Kateb Yacine, et le quatrième colloque
international qui le commémore, coïncident avec cette date mémorable.
Au-delà de l’aspect évènementiel, c’est une symbolique, forte, très
forte, dans la marche de l’Algérie et de son élan vers l’universel.
Cette quatrième édition du colloque international, qu’organise
l’Association de l’Action culturelle et touristique en collaboration
avec le département de français de l’Université 8-Mai-1945 de Guelma, et
s’inscrivant dans le contexte du cinquantenaire de notre indépendance,
ne peut faire l’économie du rapport Kateb avec le mouvement de
libération nationale. Rapport très étroit, lui qui, lycéen, s’est trouvé
dans les premières lignes pour revendiquer, le 8 Mai 1945, la dignité de
son peuple et l’indépendance de sa patrie du joug coloniale ! Il fut
prisonnier. Sa mère en est devenue folle. De l’engagement de Kateb aux
luttes du peuple algérien, ce jour sanglant, il en a été un vivant
témoin des crimes abominables que la France coloniale a perpétrés contre
les femmes et les hommes de sa patrie. C’est là l’acte de naissance
d’une prise de conscience de la noblesse de la cause de son peuple qui
rejette la soumission et l’asservissement. De cet évènement tragique,
Kateb en sortira marqué, profondément marqué. Soliloques(1946), texte
fondateur du jeune Kateb, doit sa matière à cette expérience tragique.
Kateb l’écrivain est né ! Deux années plus tard, le 24 mai 1947, à
Paris, la capitale de la France coloniale, le jeune Kateb prononce une
conférence à la salle des Sociétés savantes intitulée : Abdelkader et
l’indépendance algérienne. L’engagement et la lutte de Kateb pour
l’indépendance de l’Algérie sont portés par des idées politiques
arrêtées. Il s’agit aussi d’un travail d’écriture que Nedjma,
l’emblématique, publiée deux années après le déclenchement de la guerre
de Libération nationale, est en soi un acte dont la symbolique est très
forte. Acte de guerre, cri déchirant d’un peuple opprimé surgissant du
fin fond de la nuit coloniale ! Kateb Yacine, ce jeune écrivain, a
réussi par la plume, par les lettres, à porter la parole d’un peuple, et
fait parler de son enracinement dans sa terre spoliée en se servant de
cette arme redoutable : la langue française, dont il dira au lendemain
de l’indépendance, ce butin de guerre ! De 1945 à 1962, Kateb Yacine a
écrit une quantité d’articles journalistiques. D’Alger républicain, à
Forge, Simoun, Soleil, Terrasses, il a écrit sur l’Algérie, son peuple,
ses souffrances et les atrocités du colonialisme. Sa seule détermination
était une et unique : voire l’Algérie indépendante. Cinquante ans après,
l’Algérie indépendante rend hommage à Kateb Yacine, et, à travers lui,
elle rend hommage aux Lettres algériennes. Pour la quatrième fois, à
Guelma, l’Association de l’Action culturelle et touristique, en
partenariat avec le département de langue et littérature française de
l’Université 8-Mai-1945 de Guelma, appelle à collaborer, à contribuer à
enrichir cette étape de la vie de Kateb. Les organisateurs appellent les
universitaires algériens ou étrangers à faire part de leurs recherches
sur la période de la vie de Kateb qui va de 1945 à 1962. A cette fin, on
peut demander une fiche de renseignements au coordinateur scientifique
du colloque à l’adresse suivante : nacifnahla@yahoo.fr

Categorie(s): voxpopuli

Auteur(s): lesoir

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