L’absence de traitement des foyers de paludisme en cause à Ghardaïa: Les experts se prononceront demain

Lesoir; le Dimanche 10 Novembre 2013
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Réunion d’experts demain sur les cas de paludisme
recensés dans au moins quatre wilayas. En attendant, les premiers
éléments de l’enquête épidémiologique révèlent l’existence de trois
foyers d’anophèles, responsables de la transmission du paludisme à El-Atteuf.
Ces foyers n’avaient fait l’objet d’aucun traitement préventif.
Nawal Imès - Alger (Le Soir)
Les spécialistes de l’Institut national de la santé publique (INSP) et
ceux de l’Institut Pasteur sont arrivés à quelques conclusions au sujet
des cas de paludisme récemment recensés à Ghardaïa. Leurs investigations
ont permis de désigner trois foyers d’anophèles comme les responsables
de la multiplication des cas en quelques jours.
Ces trois foyers mitoyens sont situés dans le quartier de Sedrata à El-Atteuf
où au moins neuf cas de paludisme ont été déclarés. Les premiers
résultats attestent également l'absence au préalable de traitement
préventif antilarvaires. Une situation qui a favorisé la multiplication
des moustiques responsables de la transmission du paludisme.
Fin octobre dernier, le ministère de la Santé rappelait pourtant aux
responsables locaux la nécessité de réactiver le dispositif préventif
relatif au paludisme dans les wilayas où des foyers sont régulièrement
recensés. C’est justement le cas de Ghardaïa où les neuf cas déclarés
sont imputés au «plasmodium falciforme» qui reste une variété importée.
Les équipes médicales continuent de faire du dépistage actif.
Pas moins de 1 900 personnes résidant à El-Atteuf ont été concernées
dont près de 200 ressortissants de pays subsahariens. Les opérations de
dépistage passif se poursuivent également en vue de rechercher
d’éventuels cas de paludisme ou des personnes porteuses du parasite.
Les professionnels de la santé ont été sensibilisés afin qu’ils soient
vigilants et attentifs à tous cas présentant des symptômes proches de
ceux développés par des personnes atteintes de paludisme. En parallèle,
une opération d’élimination des eaux stagnantes où prolifèrent les
larves était en cours à Ghardaïa dans les quatre communes concernées.
L’équipe de spécialistes dépêchée depuis Alger recommande néanmoins de
renforcer le dépistage, de lancer une enquête séro-épidémiologique
auprès de la population, de réduire les sources de prolifération des
moustiques, de généraliser la lutte antilarvaire et de sensibiliser
davantage la population. Ces investigations n’ont cependant pas concerné
les cas recensés à Alger ou à Oran où on évoque le cas de supporters
ayant fait le déplacement au Burkina Faso. La thèse des cas importés est
la plus plausible mais les responsabilités restent toujours diluées.
Comment des supporters ont-ils pu quitter le territoire national sans
avoir au préalable été vaccinés ? Une question à laquelle aucune réponse
n’a pour l’heure été fournie.
Autre cas de figure, celui des patients recensés à Batna. Il s’agit
d’une personne ayant récemment séjourné au Mali, au Maroc et au Sénégal
sans prendre le traitement préventif recommandé. En dépit des soins
intensifs qui lui ont été prodigués, elle est décédée tout comme le
second malade âgé de 82 ans qui présentait en plus du paludisme, une
maladie chronique dont les complications ont conduit à sa mort.
Le troisième patient a, quant à lui, présenté des signes bénins et a
favorablement répondu au traitement et a pu quitter l’hôpital. Aucun
rapport entre les trois cas n’a pu cependant être établi.
A Oran, il s’agit de deux personnes ayant fait le déplacement au Burkina
Faso. Les experts lèveront peut-être le voile sur ces cas à l’occasion
de la réunion de demain.
N. I.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): N. I.

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