L’ÉTAT S’ENGAGE À RÉDUIRE CETTE FACTURE: L’importation du marbre représente 64 millions de dollars

Lesoir; le Mercredi 19 Decembre 2012
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En 2010, l’Algérie a importé pour 64 millions de dollars de marbre et pierres décoratives, une facture que l’Etat cherche à réduire, en soutenant les opérateurs nationaux et en œuvrant à valoriser l’important potentiel national en pierres naturelles locales.
Chérif Bennaceur – Alger (Le Soir) - La production nationale de
marbres et de pierres décoratives ne couvre que 25% des besoins
nationaux, indiquait hier le ministre de l’Energie et des Mines, Youcef
Yousfi, dans une allocution lue en son nom par le président du Conseil
d’administration de l’Agence nationale de la géologie et du contrôle
minier (ANGCM), lors d’une journée dédiée à la promotion de ces pierres
ornementales. Ainsi, 75% de la demande nationale est couverte par
l’importation de pierres naturelles, une facture estimée en 2010 à 6
milliards de dinars (environ 64 millions de dollars) dont 25% concernent
les granulats. Une facture que l’Etat entend néanmoins réduire en
œuvrant à promouvoir et valoriser l’important potentiel national en
marbre, malheureusement «sous-exploité», selon Youcef Yousfi. Il s’agit
donc de mieux faire connaître le potentiel immense en pierres naturelles
locales exploitables, d’intensifier les efforts de marketing adéquat et
d’encourager l’émergence d’une industrie marbrière nationale, tant
publique que privée. Voire pallier le déficit en matière
d’investissements dans le domaine de la valorisation du potentiel
productif ou de transformation du marbre local, et augmenter le nombre
d’intervenants, actuellement très faible. A ce titre, le Conseil des
participations de l’Etat (CPE) a donné son aval, rappelle le président
de l’ANGCM, Mohamed Tahar Bouarroudj, pour l’assainissement de la
situation financière des entreprises publiques du secteur et le
financement de leurs programmes d’investissement et de modernisation.
Ainsi, l’Entreprise nationale du marbre (Enamabre) qui produit
actuellement 12 500 m3 de blocs marbriers, 60 000 m2 de dalles et
carreaux et 180 000 tonnes de dérivés, a bénéficié d’un appui de 210
milliards de centimes. Ce montant est destiné à la mise en œuvre d’un
programme étalé sur trois ans portant sur le renforcement de ses
équipements, la modernisation des carrières et l’intensification de la
production.
Du marbre a été exporté en 2012
A ce propos, l’on note la modernisation de la carrière de Skikda
(Djebel Filfila) ainsi que la réouverture de la carrière de Krystel (est
d’Oran), après une fermeture de plusieurs années. Ce qui a permis, comme
le relèvent le président de l’ANGCM et le premier manager de l’Enamarbre,
M. Bellaribi, d’enclencher en 2012 les premières exportations de blocs
de marbre rouge, rose et jaune pour une valeur de 100 000 euros, vers
l’Espagne, l’Italie et la Tunisie. De même, l’Entreprise nationale des
granulats (ENG), qui dispose de trois carrières situées à l’ouest du
pays et produit une dizaine de types de granulats et pierres
ornementales, s’est engagée dans une dynamique de modernisation. Et cela
même si l’ENG n’a bénéficié d’aucune aide comme le précise son
président-directeur général, Djelil Mohamed Sayeh. Ainsi, cette
entreprise, qui produit actuellement 5 000 m3 de blocs et 20 000 m2 de
carreaux et dalles, envisage de doubler cette capacité à 10 000 m3 et 50
000 m2. A ce titre, l’ENG a engagé sur fonds propres, des
investissements de l’ordre de 400 millions de dinars en 2012 et de 200
millions de dinars en 2013. Objectif, améliorer la part de marché de
cette entreprise, actuellement très faible. Un souci de valoriser le
patrimoine marbrier national également attendu par le secteur privé, le
président de l’ANGCM relevant que l’Enamarbre a été incitée à se
rapprocher des importateurs et distributeurs privés.
Concernant le commerce du marbre durant l’Antiquité
Notons qu’à l’occasion de cette journée, une étude scientifique sur
le marché des marbres algériens durant l’Antiquité a été présentée par
des chercheurs américains, le Dr Annewies Van Den Hoek (Université de
Harvard) et le Dr John Hermann, conservateur au Museum of Fine Arts de
Boston. Grâce à deux missions effectuées en 2006 et 2008 dans les
carrières de marbres (Filfila, Cap-de-Garde et Mahouna...), des sites
archéologiques (Cherchell, Hippo Regius...) et des musées (Guelma), ces
deux chercheurs ont abordé sous l’angle scientifique, le commerce du
marbre algérien blanc et de couleur en Afrique du Nord et en
Méditerranée orientale. Un commerce où l’importation et l’exportation
dominent selon la nature du marbre algérien et sa vocation
architecturale ou sculpturale, laisse-t-on entendre. Néanmoins, un
marbre algérien dont des morceaux se retrouvent même aux Etats- Unis,
notamment dans la façade du Chrysler Building à New York, comme le
relèvera le Dr Van Den Hoek qui note que ce marbre est originaire de Bou
Hanifia, même s’il est réputé être du Maroc.
C. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): C. B.

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