L’OPPOSITION RÉOCCUPE LA RUE EN ÉGYPTE: Incertitude sur la tenue du référendum sur la Constitution

Lesoir; le Mercredi 12 Decembre 2012
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De petites escarmouches ont été signalées, hier, entre les Frères musulmans et des manifestants opposés au président égyptien Mohamed Morsi. Et, selon une dépêche de l’AFP, des manifestants sont même parvenus en fin d’après-midi à franchir un barrage de blocs de béton et de barrières de métal à proximité du palais présidentiel.
Lyas Hallas – Alger (Le Soir) – Les militaires, dotés d’équipements antiémeutes, n’ont pas réagi et aucun accrochage n’a eu lieu dans le périmètre de sécurité, où des chars ont été également déployés. «Alors que la nuit était tombée, la manifestation des anti-Morsi commençait à prendre forme aux abords du palais», a constaté l’AFP. Elle risque, néanmoins, de s’amplifier à 72 heures de l’ouverture des bureaux de vote pour le référendum sur la nouvelle Constitution. Hier, «Le Caire, a rapporté l’AFP, se préparait à une journée sous tension, avec des manifestations rivales des partisans du président Mohamed Morsi et de ses détracteurs, sous l’œil de l’armée chargée de préserver la sécurité jusqu’aux résultats de ce référendum controversé». «Deux millions de personnes vont se rassembler derrière les forces islamistes et cinq marches sont prévues du côté de l’opposition», a indiqué la presse égyptienne d’hier. Les islamistes, favorables à la Constitution, s’étaient partagé les tâches : «les Frères musulmans manifestent et leurs alliés salafistes mobilisent la population en faveur du oui.» Mohamed Morsi, lui, «s’est plutôt adressé aux policiers, louant les efforts consentis en vue de maintenir l’ordre public.» Arrivés au pouvoir dans une société qui a pris goût à la liberté, les islamistes sont, en effet, confrontés à la résistance des élites civiles, intellectuelles et médiatiques dans le pays, qui dénoncent le processus de rédaction tout autant que le contenu de la mouture de la Constitution soumise au référendum. «Je dirais qu’à 90%, la Constitution ne me pose aucun problème. Ce sont les 10% restants qui sont réellement préoccupants. Il n’est fait mention nulle part de justice sociale mais elle va surtout permettre à la charia d’avoir plus d’emprise sur la société», a estimé Ali El-Chalaqani, un jeune avocat d’affaires, abordé par l’AFP. Or, ce n’est pas le fond du texte qui suscite le plus de controverses, mais le processus de son élaboration. Un processus marqué par le retrait des coptes de la commission ad hoc, estimant que leurs préoccupations ont été ignorées. Conscient de leur poids électoral, les Frères musulmans et leur bras politique, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ) dont le président Morsi est issu, majoritaires dans l’Assemblée constituante à laquelle fut confiée la mission de rédiger ce document fondateur, ont refusé de revoir la composition des rédacteurs de ladite mouture et ont imposé leur vision des choses. Tout en conservant l’ancienne formulation s’agissant de la loi islamique comme étant une source de droit, ils ont constitutionalisé le rôle consultatif d’Al Azhar et précisé que les principes de la charia doivent être interprétés selon la doctrine sunnite.
L. H.

Categorie(s): monde

Auteur(s): L. H.

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