L’UNION EUROPÉENNE REÇOIT À OSLO LE NOBEL DE LA PAIX : Prix et chuchotements

Lesoir; le Mercredi 12 Decembre 2012
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De notre bureau de Bruxelles Aziouz Mokhtari
Engagée dans des guerres majeures lors des décennie récentes,
l’Union européenne reçoit, pourtant, le prix Nobel de la paix. La
distinction est fautive.Devant une brochette de chefs d’Etat et de gouvernement, le président
du Nobel a remis la prestigieuse distinction à un trio d’Européens. Van
Rompuy, président de l’UE, J. M. Barroso de la Commission européenne et
Martin Schulz, du Parlement européen. Thorbjoern Jagland et les sages du
prestigieux prix norvégien ont commis un impair, une bourde, une erreur,
une indélicatesse. Espérons pour eux, et pour le prix, que ce n’est pas
là une faute fatale. L’Union européenne et ses démembrements, Etats
membres, ont, durant les dernières décennies, participé à plusieurs
guerres hors ONU (2e expédition punitive contre l’Irak), si l’on
considère, toutefois, que la première invasion en Mésopotamie
saddamienne était conforme à la légalité internationale. Certes, George
Bush père, le senior de la guerre, avait pu arracher, c’est le mot, une
résolution sur mesure de l’ONU, et après ? Cela fait-il de l’attaque
meurtrière et sanguinaire, cette guerre des étoiles qui a mis sur orbite
CNN et le sang séché par la caméra, une randonnée pour la paix ? Non,
assurément ! Que du contraire, évidemment. La seconde descente sur
Saddam, hors ONU, dénoncée par la France de Chirac, l’Allemagne de
Schroëder et la Russie de Poutine, complète l’œuvre majeure des Bush et
de l’empire. José Manuel Barroso, l’actuel président de la Commission
européenne, était, alors, chef du gouvernement portugais, et à ce titre,
il était l’intendant, l’ordonnateur de la guerre contre l’Irak. C’était
ce que la chronique désigna «le congrès des Açores», en fait de réunion
technique qui régla les détails, mis au point et arrangé les affaires de
la mort. La suite, c’est connu, armes de destruction massive que
personne ne trouva en Irak, mensonges meurtriers de Tony Blair
(européen), exécutifs des ex-pays de l’Est devenus plus ouest que
l’Ouest (Pologne en tête) et qui ont adoubé Bush junior pour sa guerre,
et une Union européenne divisée sur la question. Divine surprise pour
Barroso le guerrier portugais devenu, grâce au pressing américain,
président de la Commission européenne, après la pendaison de Saddam
Hussein. Il étrenne au jour d’aujourd’hui son troisième mandat à
Bruxelles. Le congrès des Açores a bien servi la fulgurante ascension du
Portugais de la guerre et non de la paix. Plus récemment encore, Barroso
et ses semblables, renforcés par la France de Sarkozy, ont interprété,
méchamment et cyniquement, une résolution de l’ONU qui, en Libye, ne
permettait qu’une zone d’exclusion aérienne. Pour, disaiton, empêcher
Gueddafi de massacrer son peuple. Ah, la belle romance ! Ce fut l’Otan,
le corps expéditionnaire français et la chasse en Tripolitaine, en
Cyrénaïque et dans le Fezzan de la dynastie des Gueddaf. Barroso était
présent à Oslo comme si de rien n’était et le jury d’Oslo lui décerna à
lui et à l’UE le prix Nobel de la paix. L’opinion publique européenne
n’est pas contente de cette distinction ; cela compte, ceci dit, pour du
beurre. Les images reçues de la capitale norvégienne n’ont pas montré
Tony Blair. Peut-être, tout simplement, que je ne l’ai pas vu…
A. M.

Categorie(s): monde

Auteur(s): A. M.

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