La chute du prix du pétrole et ses conséquences économiques sur l’Algérie

Lesoir; le Mardi 1 Decembre 2015
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Par Abdelmadjid Attar, consultant, ancien P-DG de
Sonatrach
1- Les facteurs qui déterminent le prix du pétrole et l’évolution de
son marché
Beaucoup d’analyses et d’interprétations sont émises sur les causes de
la chute du prix du pétrole, alors que les deux facteurs fondamentaux
sont toujours l’offre et la demande sur le marché. Ils n’évoluent tout
simplement plus de la même façon, avec en plus de nouveaux facteurs qui
viennent les influencer, entraînant de profondes mutations sur le marché
énergétique global à travers le monde.
- L'offre a non seulement évolué en volume mais s'est aussi diversifiée
géographiquement avec soit de nouveaux producteurs soit de nouvelles
capacités de production. Nous avons trois catégories :
➢ la première est constituée des pays déjà producteurs, mais qui ont
augmenté leur capacité en fonction de la demande et souvent de la hausse
du prix (pays du Golfe, Russie, Brésil, Mexique, etc.) tout au long de
la décennie passée ;
➢ la deuxième est constituée des pays producteurs dont l'économie a
besoin de plus de en plus de ressources financières et dépend largement
de la rente pétrolière (Irak, Iran, Libye, Algérie, Nigeria,
Venezuela...). Seules les instabilités géopolitiques ont diminué ou
modéré leur part de production, mais les prévisions d'augmentation de
l'Irak, la Libye et l'Iran avec un excédent de 2 à 3 millions de barils
par jour en 2016 constituent déjà un facteur très négatif sur le marché
;
➢ la troisième est constituée de nouveaux producteurs en pétrole et gaz
naturel, qui ont bouleversé les équilibres du marché énergétique soit en
consommant une partie de leur propre production et en important moins,
soit en la mettant sur le marché. La production en pétrole et gaz de
schiste des Etats-Unis a, par exemple, réduit de façon importante leurs
importations, mais aussi contribué au déclin du baril sur le marché
mondial. Ils sont aujourd'hui le plus gros producteur de pétrole et vont
bientôt devenir exportateurs de gaz naturel.
- La demande a évolué de façon complètement différente, en fonction de
facteurs qui ont eux-mêmes changé ou sont complètement nouveaux :
➢ le premier facteur correspond à l'augmentation logique et habituelle
de la demande ou de la consommation énergétique de tous les pays, y
compris les pays producteurs et exportateurs (pays du Golfe, Russie,
Etats-Unis), et surtout les pays émergents (Inde et Asie). Mais cette
augmentation est relativement faible depuis une décennie et croît de
moins en moins ;
➢ le deuxième facteur, le plus important au cours de la décennie passée,
est celui de la récession économique mondiale qui a entraîné des
réductions importantes de la croissance de la demande mondiale ;
➢ le troisième facteur qui est lié aussi à la récession économique vient
des progrès technologiques ayant entraîné d'importantes réductions de
consommation (économie d'énergie) d'une part, et le développement des
énergies renouvelables. Ce facteur a pesé de tout son poids dans les
pays gros consommateurs et importateurs (Europe et Etats-Unis) ;
➢ le quatrième facteur est lié à la volonté des pays gros consommateurs
et importateurs d'assurer leur autosuffisance et réduire leur exposition
aux crises géopolitiques dans les régions productrices. Cette volonté
s'est traduite par la réduction des importations et bien sûr le
développement des hydrocarbures non conventionnels aux Etats-Unis depuis
une décennie. Ce développement eut lieu grâce à d’énormes progrès
technologiques qui ont réduit les coûts d'exploitation de 40 à 50% aux
Etats-Unis et au Canada.
On peut donc conclure que le pétrole, sans devenir une simple
marchandise parce qu'il est nécessaire encore avec le gaz naturel pour
de nombreuses décennies, est simplement trop abondant sur un marché qui
ne dépend plus des producteurs exportateurs, mais est de plus en plus
soumis à de nouveaux facteurs, eux-mêmes caractérisés par un degré
d'incertitude élevé. Nous sommes par conséquent dans une période de
transition énergétique importante dont les aboutissements ne sont pas
bien cernés pour le moment.

2- Les raisons de la baisse du prix du pétrole
Les raisons techniques et économiques de la forte baisse du prix du
pétrole sont à mon avis dans les facteurs que je viens d’évoquer, et on
peut les résumer de cette façon :
- un excédent de l’offre provenant de l’ensemble des producteurs qui est
aujourd’hui d’au moins 2 millions de barils par jour, et pourrait
atteindre 4 millions de barils en 2016 ;
- un ralentissement de la demande surtout au niveau des marchés
asiatiques dont les pays sont pourtant les véritables moteurs de la
croissance mondiale ;
- un ralentissement de l’économie mondiale dont le taux n’atteindra
peut-être même pas 3% et une forte progression du dollar. Même la baisse
de 50% du prix du baril n’a pas pu à ce jour stimuler la demande, ce qui
prouve que le facteur économique est aujourd’hui prépondérant.
Il y a aussi des facteurs politiques qui ont contribué à aggraver la
baisse du prix, ou en la prolongeant dans le temps. Mais ces facteurs
sont d’abord liés à des considérations économiques, notamment quand il
s’agit de faire face aux nouveaux producteurs d’hydrocarbures non
conventionnels pour préserver sa part de marché. Il y a réellement une
guerre de parts de production.
Les pressions sur l’Iran et la Russie ne sont pas à mon avis un facteur
de base, mais ont contribué à prolonger l’instabilité du marché et le
manque de vision sur son évolution ou sa durée.
Il me semble donc que les conditions d’une augmentation du prix du baril
sont :
- une reprise de la consommation et de la croissance économique mondiale
en 2016, grâce au prix actuel du baril, au fléchissement de la
production des hydrocarbures non conventionnels dont au moins 50% ne
peuvent plus supporter les coûts d'exploitation actuels ;
- un accord entre les pays producteurs de l'OPEP et non-OPEP sur des
actions même symboliques susceptibles de stabiliser le prix et
l'empêcher de baisser à nouveau ;
- un accord entre les pays de l'OPEP pour prévenir et gérer les impacts
des éventuelles augmentations de production des 3 pays suivants : Iran,
Irak, Libye.
Est-ce que cela est possible maintenant ou plus tard ? Il est vraiment
difficile de donner une réponse pour le court terme, mais on peut au
moins émettre une hypothèse qui consiste à prévoir que :
- la ressource énergétique nécessaire au développement économique
mondial provient et proviendra encore pour plusieurs décennies à partir
des hydrocarbures ;
- les réserves s'épuisent mais restent encore abondantes et seule leur
répartition géographique ainsi que leurs marchés sont en train d'être
modifiés ;
- c'est un nouvel équilibre qui est en train de s’installer, mais qui
n'empêchera pas les prix de revenir à un niveau raisonnable à moyen
terme.
Qu’en est-il maintenant au point de vue conséquences et mesures prises
ou à prendre pour les pays producteurs, dont l’Algérie face à cette
situation ?

3- Évolution de la production d'hydrocarbures et des exportations
Les réserves de l'Algérie en 2014 s'élèvent à 2 500 millions de tonnes
équivalent pétrole d'hydrocarbures liquides dont 56% sont prouvés, et 4
500 milliards de mètres cubes de gaz naturel dont 60% sont prouvés. Le
reste étant probable et possible.
La production pétrolière et gazière est en baisse depuis 2007, avec un
léger redressement en 2014 et peut-être en 2015, selon les prévisions.
Mais elle demeurera encore loin des records des années passées.
En 2014, sur une production primaire totale de 195 millions de tonnes
équivalent pétrole, 102,7 ont été exportés et 47,3 consommés sur le
marché national.
La différence correspond à l'autoconsommation des installations
pétrolières et au recyclage du gaz naturel d'écoulement pour améliorer
la récupération des hydrocarbures liquides et le maintien de pression.
La production d’hydrocarbures liquides en 2014 a atteint 1,4 million de
barils par jour, dont environ 1,1 million barils/jour de pétrole. Sur
une production totale de 77,1 millions de tonnes équivalent pétrole
produites, 35,7 millions, soit 46,3%, ont été exportés. La différence a
été consommée sur le marché intérieur sous forme de carburants,
ressources énergétiques ou matières premières des industries
pétrochimiques. Celle du gaz naturel a atteint 131 milliards de mètres
cubes dont 45 autoconsommés, 48 exportés, et 35 consommés sur le marché
intérieur
On constate donc que la production globale en baisse depuis 2007 est en
train de se stabiliser en 2014 avec un léger redressement, prévu aussi
en 2015 et 2016, mais encore loin des productions record de 2007-2008.
Les recettes d’exportation dont les hydrocarbures constituent 98% depuis
plus d’une décennie ont enregistré une faible baisse entre 2012 et 2013
du fait de la baisse des volumes exportés, puis une baisse importante en
2014 due à la chute du baril. Cette baisse atteindra probablement 50% en
2015 et affectera de façon importante les équilibres budgétaires.
Pendant la même période, les importations globales ont augmenté chaque
année jusqu’en 2014 dépassant largement les exportations globales, alors
que les exportations hors hydrocarbures ont stagné à moins de 3
milliards de dollars.

4- Évolution des équilibres et incidence sur l'économie du pays
Les recettes d'exportation ont représenté 27% du PIB en 2014 et ne
couvrent plus les importations globales du pays depuis 2013. Elles vont
probablement atteindre 17% du PIB en 2015 et ne couvriront plus que 60 à
70% maximum des importations globales.
Le budget de fonctionnement et d'équipement est resté plus ou moins
stable, autour de 90 milliards de dollars, soit environ 40% du PIB. Les
recettes fiscales ordinaires ont légèrement baissé entre 2013 et 2014 et
couvrent moins de 50% des dépenses de fonctionnement depuis les années
1990. Soit un déficit budgétaire de 21% par rapport au PIB de 2014.
Le déficit de la balance commerciale par rapport au PIB est passé de
4,4% en 2012 à 7,1% en 2014, avec des prévisions de 12,1% en 2015.
Le déficit du Trésor public existe en réalité depuis 2006 et a été à
chaque fois financé par le Fonds de régulation des recettes, lui-même
alimenté par les excédents des exportations pétrolières quand le prix du
baril était assez élevé. Ce fonds ne contenait à la fin de 2014 que 45
milliards de dollars par rapport aux 75 milliards à fin 2012.
Il faut aussi préciser que grâce au remboursement intégral de la dette
extérieure de l'Algérie en 2004, les réserves de change ont atteint 194
milliards de dollars en 2013, avant de chuter à 179 milliards en 2014,
et probablement moins de 150 milliards en 2015.
Il faut enfin préciser que la chute du baril et ses conséquences sur
l'économie de l'Algérie, aggravée par la hausse du dollar au niveau des
échanges, a aussi entraîné au cours de 2014-2015 une chute du dinar qui
a perdu plus de 20% de sa valeur.

5- Les conséquences sur les politiques et programmes de développement
Le premier constat qu'on puisse faire est que l'Algérie est un pays qui
consomme plus qu’il ne produit avec une économie totalement dépendante
des hydrocarbures, caractérisée par :
- un déficit budgétaire qui a atteint 21% par rapport au PIB en 2014 et
ne descendra pas à moins de 18% en 2015, malgré un début de politique
d’austérité pour 2016 ;
- un effondrement des recettes d’exportation des hydrocarbures de 9% en
2014 et probablement plus de 40% en 2015 par rapport à l’année
précédente ;
- une balance commerciale négative à raison de -7,1% du PIB en 2014 et
-12% en 2015 ;
- une baisse du Fonds de régulation des recettes de 36% en 2014 et 34%
en 2015, du fait d’un prélèvement destiné à financer les importations et
équilibrer le budget de l’Etat ;
- un recul important des réserves de change qui passent de 194 milliards
de dollars en 2013 à 179 milliards en 2014 et probablement moins de 150
milliards en 2015, correspondant à environ 35 mois d’importations ;
- et enfin une érosion actuelle du dinar par rapport au dollar d’environ
20%.

6- Quelle strategie adopter ?
La baisse des recettes des exportations d’hydrocarbures en 2014 a
constitué une surprise pour le gouvernement algérien, avec peu
d’incidence sur ses politiques de développement. Celle de 2015, qui se
traduit déjà par une perte d’environ 40% des recettes prévues, et celle
prévisible en 2016 si le prix du baril demeure le même, ont constitué un
choc entraînant des mesures nécessaires.
Il faut peut-être rappeler que l'Algérie, à l'aube de cette crise qui
risque de se prolonger, est caractérisée par :
- un PIB assuré à 27% par la rente pétrolière, 20% par les services
marchands, 18% par l'administration publique, 10% par l'agriculture et
seulement 5% par l'industrie ;
- un taux d'inflation qui est actuellement de 5,3% ;
- une population d'environ 40 millions d'habitants, pouvant atteindre 50
millions en 2030 ;
- une population active d'environ 12 millions, dont 58% dans le commerce
et les services (avec 59% dans l'informel), 11% dans l'agriculture, 17%
dans le bâtiment et les travaux publics et seulement 14% dans
l'industrie ;
- un taux de chômage entre 10 et 11%, mais qui est en grande partie
caractérisé par une grande précarité (emplois sociaux et temporaires à
très faible productivité). Ce taux est estimé à 25% chez les jeunes
universitaires ;
- une consommation énergétique qui a atteint 45 millions de tonnes
équivalent pétrole et qui croît à raison de 5,4% par an pour tous les
hydrocarbures, soit 8% pour les carburants, 7% pour le gaz naturel et
12% pour l'électricité. L'Algérie importe actuellement entre 2 et 2,5
millions de tonnes de produits pétroliers, soit 3 à 5 milliards de
dollars, essentiellement des carburants pour pallier la consommation
nationale ;
- une subvention directe budgétisée qui est prévue atteindre en 2016 :
12,4 milliards de dollars entre l'habitat (4,7), les familles et les
produits de première nécessité (4,5) et la santé (3,2) ;
- et enfin une subvention indirecte non budgétisée qui sera de 15,3
milliards de dollars essentiellement pour l'énergie (carburants, gaz et
électricité).
Le Fonds de régulation des recettes a permis jusqu’en 2014 et 2015 de
faire face aux besoins et programmes budgétaires, mais dès 2016, son
solde sera insuffisant.
Les réserves de change sont, elles aussi, mises en œuvre et permettent
de faire face, en théorie, à 35 mois d’importation. Alors faut-il se
contenter de compter sur ces réserves et espérer un redressement du
baril en maintenant le cap sur les politiques économiques et budgétaires
habituelles ou prendre des mesures ?
- D'une part, préventives tout en tenant compte des programmes de
développement déjà engagés, des programmes de soutien et de subvention
dans les domaines sociaux qui sont vitaux pour la paix et la sécurité
sociale du pays.
- D'autre part, saisir l'opportunité de cette crise pour engager des
réformes économiques et sociales profondes, pouvant sortir de façon
progressive l’économie du pays de la dépendance pétrolière.
Dans son programme budgétaire 2016, et considérant que la dette
extérieure est insignifiante, le gouvernement a choisi, pour le moment,
la voie du milieu avec une faible diminution de -9% des prévisions de
dépenses, soit 77 milliards de dollars. Avec -3,3% pour le
fonctionnement et -16% pour les équipements.
Ce choix nécessitera un recours au Fonds de régulation des recettes dont
le solde est prévu être d'environ 30 milliards de dollars à la fin de
2015. Ce choix est basé sur une décision de maintien des investissements
publics importants en matière d’infrastructures, y compris ceux déjà
engagés, un maintien de tous les programmes sociaux et subventions, y
compris dans l’emploi, une réduction des importations à travers la mise
en place de licences spécifiques et une réduction des dépenses des
administrations. Il est probable aussi que les réserves de change soient
mises à contribution dans la mesure où le programme d’importation est
constitué en majeure partie par des biens de consommation, des
équipements et des services dont dépendent les programmes
d’investissement sociaux.

7- Conclusion
On peut conclure en affirmant que l’Algérie a pu à ce jour résister à la
baisse des recettes pétrolières grâce à un niveau d’endettement très
faible, la disponibilité d’un fonds de régulation et de réserves de
change appréciables pouvant couvrir ses besoins sur environ 35 mois.
Elle pourra encore faire face à cette situation en 2016 et 2017 si le
prix du baril demeure au même niveau, mais verra ses capacités se
réduire rapidement vers 2018, à moins que le prix du baril n’atteigne
d’ici là au moins 70 à 80 dollars, un cas trop optimiste à notre avis.

Les mesures prises dans le programme budgétaire 2016 nous semblent
insuffisantes dans ce cas au moins pour les raisons suivantes :
- l'incertitude sur le prix du baril ;
- l'augmentation importante de la consommation énergétique nationale,
dont 70% sont consacrés aux ménages, au transport et autres
consommations sans production de valeur ajoutée, et seulement 30% dans
l’industrie. Elle aura tendance à dépasser et même à réduire les
exportations, à moins d'une politique énergétique destinée à la réduire,
à diversifier sa nature à travers les énergies renouvelables et à en
éliminer progressivement la subvention qui ne doit profiter qu'aux
citoyens qui en ont vraiment besoin ;
- l'absence d'une stratégie globale concrète destinée à assureur dans
les meilleurs délais le développement et la production de nouvelles
richesses dans les secteurs industriels, agricoles et les services. Il y
a quelques signes positifs à travers des engagements récents du
gouvernement, notamment dans le secteur agricole qui devra être à
l’avenir et sera certainement le plus gros créateur d’emplois et
producteur de produits de consommation. Une autre action salutaire
semble aussi avoir été décidée en matière d'assainissement des
entreprises publiques qui se comptent par milliers et dont la plupart
sont déficitaires.
Mais cela demeure insuffisant parce qu'il faut aussi lancer des
chantiers gigantesques en matière de régulation, de lutte contre la
bureaucratie, pour améliorer l'environnement des affaires, notamment le
partenariat privé public dans tous les secteurs de l’industrie et des
services. L’Algérie a les moyens et les capacités de résister pour le
moment, mais c’est au futur, un horizon de deux à trois années
seulement, plein d’incertitudes, qu’il faut penser à travers les actions
d’aujourd’hui. Il est donc temps, si ce n’est trop tard, pour prendre
des décisions courageuses, politiques et économiques, en faisant la part
de ce qui est stratégique ou non, ce qui est rentable ou non, et par
conséquent ce qui doit être préservé et soutenu ou simplement privatisé,
encore faudrait-il trouver preneur.
A. A.
(Source données : lois de finances, ONS, Cnis, bilan Sonatrach 2014).

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