La députée du FLN Samira Kerkouche révèle :: «Nous avons subi des pressions afin de ne pas amender la loi de finances»

Lesoir; le Mercredi 2 Decembre 2015
2

«En tant que députés du FLN, nous avons subi des
pressions, pour qu’on n’apporte aucun amendement aux articles de la loi
de finances (LF) 2016». La phrase est lâchée. Son auteur n’est autre que
la députée du parti du FLN Samira Kerkouche, épouse Bouras. Vingt-quatre
heures après l’adoption par les parlementaires de la seconde chambre de
la loi de finances 2016, les signes d’un profond malaise au sein du
parti majoritaire sont réunis.
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - Encore une fois, le parti
majoritaire est appelé à faire face à une nouvelle crise interne. Pour
cette fois-ci, elle est la conséquence directe de ce qui s’est passé
avant-hier au niveau de l’hémicycle Zighoud-Youcef.
C’était à l’occasion des travaux portant adoption de la loi de finances
2016, où la majorité parlementaire s’est confrontée verbalement et
physiquement aux parlementaires de l’opposition. Or, au sein du parti
majoritaire, en l’occurrence le FLN, des députés ont exprimé
publiquement leur désaccord avec le choix de leur direction politique.

Mme Samira Kerkouche fait partie de cette catégorie de députés du FLN
qui ont décidé de briser la loi du silence. Elle n’a pas hésité à étaler
au grand jour son désaccord sur la position adoptée par son parti lors
de la plénière de lundi passé. «L’exercice de la chose politique est
avant tout des principes et une éthique qu’on doit respecter. J’aurais
souhaité que le parti auquel j’appartiens, mon parti, le FLN, respecte
cette éthique.
J’ai tant souhaité que le secrétaire général de notre parti réunisse ses
députés et débatte avec eux le contenu de cette loi de finances et par
voie de conséquence situer les interventions des uns et des autres dans
le cadre des principes et de la ligne directrice de notre parti.
Malheureusement rien n’a été fait dans ce sens», s’est indignée notre
interlocutrice qui ajoute : «Mes principes sont ceux du parti du FLN
auquel je suis militante depuis plusieurs années.

«Ce n’est pas une rébellion»
Or, à notre grande surprise, le secrétaire général de notre parti a
violé ces principes, les principes du fonctionnement démocratique du
FLN». Ayant fait son parcours politique au sein du parti du FLN depuis
son très jeune âge, Mme Samira Kerkouche, universitaire et cadre au sein
du département de la jeunesse et des sports a été élue parlementaire sur
la liste FLN de la wilaya d’Alger lors des dernières élections
législatives. Pour elle, la colère exprimée à l’occasion de l’adoption
de la loi de finances 2016 «n’est pas synonyme d’une rébellion contre
mon parti».
«Je suis une militante disciplinée et respectueuse des principes
politiques fondateurs qui ont toujours constitué l’âme politique de mon
parti, le FLN. Je le répète pour la énième fois, mes principes sont
conformes aux idéaux du FLN. Le FLN qui a fait de la promotion et de la
consolidation sociale son crédo politique.
Je ne suis pas la seule députée qui défend ces idées. Ils sont nombreux
mes collègues et militants parlementaires de mon parti qui partagent et
défendent les mêmes idées et principes. Mais chacun dispose de sa propre
conception dans l’expression de ses idées», a-t-elle insisté.
Lors de notre entretien, la députée du parti majoritaire a longuement
insisté sur le «respect de mes choix politiques et de l’exercice de mes
prérogatives en tant que députée du peuple». Notre interlocutrice a tenu
à nous rappeler pour la énième fois, que l’avis exprimé et la position
adoptée ne sont pas une rébellion ou une tentative de désobéissance».

«La LF 2016 n’a pas été votée au siège du FLN»
Ayant assuré plusieurs postes de responsabilités organiques au sein de
son parti et au sein d’assemblées élues, notre interlocutrice apporte
d’autres arguments quant à la position affichée. Elle dira à ce sujet,
que «la loi de finances 2016 n’a pas été votée au sein du siège du FLN,
mais plutôt au sein d‘une institution élue qui est l’Assemblée nationale
populaire (APN).
Cet état de fait me donne le droit d’exercer pleinement mon droit en
tant que parlementaire conformément à la Constitution et au règlement
intérieur de l’Assemblée nationale».
«Outre les dispositions contenues dans la Constitution et le règlement
intérieur régissant le fonctionnement de l’Assemblée nationale
populaire, il y’a aussi le statut de parlementaire qui me permet
d’exercer pleinement mes droits en tant que parlementaire. Je suis
porteuse d’un mandat national et par voie de conséquence j’exprime un
avis national», a-t-elle souligné.
Structurée au sein de la mouhafadha d’Husein-Dey, elle s’est dite
convaincue que sa démarche était dictée par une démarche obéissant à une
«éthique et des principes politiques qui ont de tout temps constitué les
principes fondamentaux du FLN».
Samira Kerkouche, dont l’amendement de l’article 54 a été rejeté aussi
bien par la commission de finances que par la plénière de l’Assemblée
nationale, s’est refusée d’inscrire, du moins pour le moment, son action
dans une démarche de contestation.
Mais, il n’est pas exclu que celle qui a brisé la loi du silence aille
au fond de sa pensée.
A. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. B.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..