LA JUSTICE REND SON VERDICT DANS L’AFFAIRE ALGÉRIE TÉLÉCOM: Boukhari et Chani lourdement condamnés

Lesoir; le Mercredi 12 Decembre 2012
2

Mis en délibéré depuis près d’une vingtaine de jours, le procès en appel de l’affaire Algérie Télécom a connu hier, son épilogue après une longue attente. Ainsi, les deux mis en cause, l’ex-conseiller du ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication et l’homme d’affaires algéro-luxembourgeois ont été condamnés à 15 années de prison ferme.
Abder Bettache (Alger – Le Soir) - Après quinze jours d’attente, la cour d’appel d’Alger a rendu son verdict dans l’affaire Algérie Télécom. Ainsi, si Chani Medjdoub et Mohamed Boukhari ont été chacun condamnés à 15 années de prison ferme, les deux sociétés chinoises ZTE Algérie et Huawel Algérie ont vu la justice leur éviter la condamnation de «l’exclusion de conclure un quelconque contrat avec des sociétés publiques algériennes». En première instance, le tribunal avait infligé aux deux sociétés une amende de 3 millions de dinars chacune, ainsi que leur exclusion des marchés publics pendant deux ans pour «corruption et trafic d'influence». Pour rappel, lors du procès en appel qui s’est tenu le 21 novembre dernier, l’accusation avait requis des peines plus lourdes qu’en première instance. En effet, le ministère public avait requis une peine de 20 ans de réclusion criminelle, assortie d’une amende de 8 millions de dinars à l’encontre des deux principaux accusés, Mohamed Boukhari et Chani Medjdoub, respectivement ex-cadre d’Algérie Télécom et homme d’affaires. Le procureur de la République avait aussi requis dix années de prison ferme assortie d'une amende de un million de dinars contre trois cadres des sociétés chinoises suscitées. Messieurs Dong Tao, Chen Zhibo et Xiao Chuhfa, actuellement en fuite, font l'objet d’un mandat d'arrêt internal. Cela dit, le fait marquant reste incontestablement les graves accusations portées à l’encontre de la banque Nataxis. Cette dernière selon la défense, a joué un rôle trouble dans cette affaire. L’autre fait ayant marqué le procès en appel porte sur les propos tenus par l’un des mis en cause dans cette affaire, lors de son passage à la barre. Mohamed Boukhari, qui avait reconnu devant le juge avoir effectivement perçu de l’argent dans le cadre de transactions commerciales conclues par Algérie Télécom avec les deux sociétés chinoises, ZTE Algérie et Huawei Algérie, avait déclaré : «J’étais à l’époque chargé de la communication et donc, je n’avais pas le pouvoir d’influer sur le processus d’attributions de marchés. » «Au début, j’avais refusé catégoriquement de percevoir de l’argent, puis j’ai fini par accepter, l’argent ne provenant pas des caisses d’Algérie Télécom ou de toute autre institution publique», a-t-il avoué. Il est à noter que lors de l'instruction, il a été révélé que Mohamed Boukhari et Chani Majdoub avaient perçu des «pots-de-vin à l'étranger (Luxembourg), en relation avec des transactions douteuses (en matière de télécommunications et d'internet) conclues par Algérie Télécom et les deux sociétés chinoises». ZTE Algérie et Huawei Algérie avaient versé en contrepartie de ces transactions, des «commissions» au profit de deux sociétés de consulting appartenant à Boukhari et Chani dans des comptes offshore ouverts au Luxembourg. Des accusations que la défense a rejetées en bloc. D’ailleurs, cette même défense compte se pourvoir en cassation au niveau de la Cour suprême.
A. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. B.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..