La qualité de toute la famille éducative doit être remise en cause

Lesoir; le Mardi 4 Decembre 2012
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Le ministre de l’Education, Abdelatif Baba-Ahmed, a remis en cause la
qualité des enseignants et des directeurs des trois paliers : le
primaire, le moyen, le secondaire, mais à mon avis, avant de désigner
avec un doigt accusatif le directeur et l’enseignant, il doit d’abord et
avant tout remettre en question la qualité des chefs du secteur, des
sous-chefs,… arrivant enfin au directeur et au prof. Si le taux de
réussite aux épreuves de 5e, BEM, BAC, ne cesse d’augmenter, il a
atteint d’ailleurs 98 %, 99 %, voire 100 % dans certains établissements.
Dans ce cas, on parlera plutôt de l’excellence, la perfection de la
mission des enseignants et des directeurs. Si on tient encore à comparer
le niveau scolaire des élèves de ces dernières années, les années 2000
aux années 80, 90, on constatera un recul sans précédent du niveau des
élèves, une grave dégradation et cela est dû principalement aux réformes
et au changement des programmes scolaires. Les nouveaux programmes tuent
la motivation et l’intérêt chez l’élève, leur fond se dégradent de plus
en plus et la forme, les couleurs surtout, pour les livres des
collégiens et des lycéens ridiculisent la situation puisque le contenu,
c’est-à-dire les cours, notamment ceux de langues, sont peu illustrés et
les exemples sont, le plus souvent, peu pertinents et les règles
incomplètes. La meilleure, c’est lorsqu’on se heurte aux erreurs dans
les livres, chose qu’il ne faut jamais tolérer surtout dans les livres
de primaire. A ce titre, je cite l’exemple d’un élève de 5e qui m’a
demandé ce que veut dire le mot «synonype» : « On a fait uniquement les
synonymes et là on nous demande de trouver les synonypes des mots
soulignés.» J’ai répondu que c’est une erreur de frappe, une erreur qui
a glissé au moment de la saisie, ils ont dû écrire «m» malheureusement,
sans faire attention, ils ont écrit à la place «p», mais ce n’est pas
grave petit et l’élève m’a dit avec un ton doux et bizarroïde : «Alors,
même les livres contiennent des erreurs !» Ce qui est absurde aux
concours de recrutement des enseignants, c’est le fameux document de
moudjahid, c’est-à-dire le fils de moudjahid, le fils de son fils sont
prioritaires, privilégiés même si le candidat a accumulé un tas d’échecs
dans sa vie estudiantine, ce papier lui redonnera la considération. Le
concours lui-même est une vraie mascarade parce que les questions posées
sont loin d’être psychotechniques, elles ne sont pas étudiées, des fois
l’examinateur ne pénètre même dans la vie personnelle des candidats ou
bien il aborde des sujets anodins et quand il demande l’année de
l’obtention du diplôme et lorsqu’il vous dira que le diplôme est encore
récent, pour lui trois ans, cinq, six ans de chômage c’est peu, cela
signifie qu’il reste encore des montagnes de patience à consommer
jusqu’à… ces critères de qualité permettront certainement de recruter
des enseignants de qualité. Ainsi, je pourrai dire que c’est toute la
famille éducative qui doit être remise en question, en commençant par le
chef du secteur, les responsables administratifs et allant vers les
acteurs qui travaillent sur le terrain : le directeur, l’inspecteur,
l’enseignant…
ZENIA-Th

Categorie(s): voxpopuli

Auteur(s): ZENIA-Th

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