La romancière Ahlam Mosteghanemi à Batna : «Il faut avoir cette capacité de faire rêver les autres»

Lesoir; le Mercredi 6 Novembre 2013
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La romancière Ahlam Mosteghanemi a révélé dimanche
dernier à Batna toute sa passion pour les Aurès. Elle a d’ailleurs
estimé «évident» que les héros de son dernier roman Al Assouad yalikou
biki (Le noir te va si bien) soient originaires de Merouana (Batna).
S’exprimant devant de nombreux universitaires venus de plusieurs wilayas
de l’est du pays et réunis à la salle de conférences de l’université
Hadj-Lakhdar, l’écrivaine élégamment vêtue d’une mlahfa (tenue
traditionnelle chaouie) a indiqué, émue, que la ville de Merouana «a
tout pour être immortalisée dans la littérature». Certaines villes sont
«construites pour être racontées dans des écrits, et Merouana fait
partie de ce type de villes que l’on raconte», a souligné la romancière
native de la cité du Vieux Rocher.
Ahlam Mosteghanemi, que les critiques littéraires s’accordent à dire
qu’elle a bouleversé, par ses romans, le monde de la littérature
d’expression arabe, a évoqué son attachement à son pays : «Je suis
Algérienne, porteuse de l’étendard algérien là où je vais.» L’auteure du
roman le plus vendu de par le monde arabe, Dhakiret El Djassad (Mémoires
de chair), a évoqué les valeurs qu’elle a défendues à travers ses écrits
et souligné les principes qui s'en dégagent via ses héros, précisant que
l’écrivain «vaut les causes qu’il défend». Elle a encore souligné que
«l’écrivain qui détient le pouvoir par le biais de ses lecteurs est
responsable de ses écrits et de leurs répercussions», considérant que
cette responsabilité et cette conscience sont «une condition essentielle
à toute créativité».
L’hôte des Aurès a fait remarquer que l’immortalité, pour elle, est
«celle des idées qu’elle a «longtemps défendues», précisant que pour
devenir écrivain avec le «grade d’amoureux», il faut avoir cette
capacité de «faire rêver les autres». L’invitée de la faculté des
lettres et des langues de l’université de Batna, ainsi que de la section
de wilaya de l’Union des écrivains algériens, avait animé ce débat
autour de son expérience dans l’écriture littéraire.
Après avoir été gratifiée par le wali de Batna et le président de
l’Assemblée populaire communale, Ahlam Mosteghanemi devait animer une
séance de vente-dédicace de ses romans les plus célèbres.

Categorie(s): culture

Auteur(s): lesoir

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