Le Bonjour du «Soir»: Chercher midi à quatorze heures !

Lesoir; le Jeudi 26 Novembre 2015
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Par Maâmar Farah
L'Algérie est secouée par un Printemps berbère en 1980. Ailleurs, c'est
le calme plat. Le seul printemps date de quelques décennies et il a eu
pour théâtre Prague... un autre, peut-être plus glacial, s'est manifesté
du côté de Budapest. Alger, encore, frémit et pleure le 5 Octobre 1988.
Une fragile démocratie naît sur les décombres du parti unique. Une année
avant la chute de Ceausescu et du mur de Berlin. Alger fait tout avant
les autres. Quand elle se bat contre les terroristes, elle le fera
seule. Ce n'est pas encore le moment ailleurs. Et quand elle préconise
des solutions militaires radicales, parce que des révolutionnaires comme
Boudiaf agissent avec fermeté contre les rebelles armés et loyauté
envers la République, ailleurs ce n'est pas encore le moment... On parle
de «guerre civile» et certains inconscients, aidés par les traîtres,
vont jusqu'à poser cette cruelle question qui tue une seconde fois nos
martyrs : «Qui-tue-qui ?» Alger instaure l'état d'urgence. C'est quoi ce
foutu bled à encore vivre sous des pouvoirs d'exception totalement
oubliés ailleurs ? Alger innove... Et quand la France, le Mali et la
Tunisie lancent à tour de rôle leurs plans d'urgence, nous avons
l'impression d'être loin devant. Nous avons vécu deux ou trois décennies
en avance sur notre époque. Mais, il y a toujours un mais, cette avance,
cette lucidité des braves, ces sacrifices, cet argent qui est tombé du
ciel, cette paix retrouvée mais gaspillée dans la futilité d'une vie
triste à en mourir, est-ce que nous en avons tiré profit ? Il y a
peut-être du génie chez ce peuple qui fait tout avant tout le monde,
mais pas chez ses dirigeants qui réagissent toujours... en retard !
farahmadaure@gmail.com

Categorie(s): actualités

Auteur(s): farahmadaure@gmail.com

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