LE CHEF DU GOUVERNEMENT TUNISIEN AUJOURD’HUI À ALGER :: La sécurité aux frontières au menu

Lesoir; le Dimanche 2 Decembre 2012
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La question de la sécurité au niveau de la frontière entre l’Algérie et la Tunisie est au menu de la visite, aujourd’hui et demain, du chef du gouvernement provisoire tunisien en Algérie. Hamadi Jebali, dans un entretien à l’APS, a estimé que la question se pose avec acuité et que la rigueur devra être de mise.
Sofiane Aït Iflis Alger (Le Soir) - La nécessité de sécuriser davantage la frontière entre les deux pays est induite par la montée du terrorisme et la prolifération du trafic d’armes. Le chef du gouvernement provisoire tunisien a, néanmoins, nuancé son affirmation, en soutenant que «si le dossier est sécuritaire, l’approche ne l’est pas et son traitement ne doit pas l’être aussi». Hamadi Jebali a précisé que l’approche implique l’examen «des causes et des ramifications du terrorisme qui prennent racine des injustices sociales, de la pauvreté et du chômage. Cela, ajoute-t-il, ne signifie pas fermer les yeux sur la protection de nos frontières. Bien au contraire, il faut coopérer les uns avec les autres pour dissuader tous ceux qui croient que cette région est perméable à l’idéologie terroriste ou au trafic d’armes». Le chef du gouvernement provisoire tunisien aura également à évoquer avec ses interlocuteurs algériens l’épineux dossier malien. Mais l’on sait déjà que la Tunisie soutient l’approche algérienne qui privilégie le dialogue sur la solution exclusivement militaire. Hamadi Jebali a estimé que l’approche algérienne est judicieuse et raisonnable. «Si les Maliens parviennent à régler leurs problèmes internes, ils seront en mesure d’éliminer eux-mêmes le terrorisme. » Affirmant cela, le chef du gouvernement provisoire tunisien a plaidé l’encouragement du dialogue inter-malien. Hamadi Jebali a considéré aussi que, sans l’entente entre les Maliens, toute intervention est susceptible de compliquer davantage la situation et exacerber le problème. Le risque, selon Jebali, est que l’intervention militaire étrangère et ce qu’elle suppose comme installation de bases opérationnelles pourrait inciter les Maliens à combattre cette intervention. Il a cité en exemple les cas irakien et afghan. Le chef du gouvernement provisoire tunisien a, sur le plan régional, plaidé pour la consolidation d’un espace maghrébin unifié. «L’Europe veut un marché maghrébin unifié pour traiter avec. La conviction existe au niveau interne, et je pense que la volonté politique suivra.» Hamadi Jebali appréhende la construction maghrébine sur la base de nécessité économique et l’impératif de sécurité. Il a estimé que la question du Sahara occidental sera «réglée à la faveur d’une volonté politique, car nous n’avons pas d’autres choix».
S. A. I.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): S. A. I.

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