Le coup de bill’art du Soir: «Ched-med» !

Lesoir; le Jeudi 13 Decembre 2012
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Par Kader Bakou
L’Algérie, avec un score de 34%, serait classée à la 105e place du
classement international 2012 du degré de perception de la corruption,
publié il y a quelques jours par l’ONG Transparency International. Le
Danemark et la Finlande, avec un score de 90%, occupent, ex-aequo, la
première place de ce classement des pays les plus intègres du monde avec
un score de 90%. La Somalie, l’Afghanistan (malgré leurs intégristes) et
la Corée du Nord seraient les plus corrompus avec des scores égaux de
8%. Ce classement est établi à partir de données recueillies au début de
2012 par 13 institutions internationales, dont la Banque mondiale, les
banques asiatique et africaine de développement et le Forum économique
mondial. L'indice de perception de la corruption (IPC) varie entre 0
pour un pays considéré comme «hautement corrompu» et 100 pour un pays
«très vertueux». On ne sait comment les fins limiers de ces institutions
internationales opèrent dans les différents pays. Mais, chez nous, il
est sûr, qu’en réalité, ils n’y ont vu que du feu. Chez nous, personne
ne touche des pots- de-vin, parce que, tout simplement, nous sommes un
peuple musulman et la consommation des boissons alcoolisées n’est pas
halal (c’est même beaucoup haram). Le bakchich ? C’est juste un «cahwa»
(un café) qu’on va siroter entre amis après avoir réglé une affaire
profitable aux deux parties. Il n’y a jamais eu de tentative de
corruption parce que, chez nous, on t’invite simplement à «t’fermadj», à
goûter ce délicieux «fromage» qui ouvre bien l’appétit, tout en sachant
que l’appétit vient en «mangeant». Chez nous, d’ailleurs, on ne traite
qu’avec ceux qui savent bien conjuguer le verbe «manger» et qui n’ont
pas oublié cet innocent conseil d’enfance : «On ne doit pas parler quand
on mange.» Chez nous, aucun «qemqoum» (gros bonnet) n’est assez bête
pour graisser la patte de quiconque, car une patte graissée est
incapable de blanchir l’argent sale. Chez nous, même si la «tchippa»
existe, il est impossible de le prouver. Les affaires louches ne
laissent pas de traces. Elles se traitent selon la règle du «ched-med»
(tiens- donne), qui n’a rien à avoir avec le hasard du «chedi, medi»…

K. B.
bakoukader@yahoo.fr

Categorie(s): culture

Auteur(s): bakoukader@yahoo.fr

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