Le coup de bill’art du Soir : Desmond Tutu, un sage africain

Lesoir; le Lundi 3 Decembre 2012
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Par Kader Bakou
L'ancien archevêque sud-africain Desmond Tutu, prix Nobel de la paix
1984, a été désigné lauréat 2012 du prix Unesco/Bilbao pour la promotion
d'une culture des droits de l'homme. La directrice générale de l'Unesco,
Irina Bokova, remettra ce prix le 10 décembre à l'occasion de la Journée
internationale des droits de l'homme en présence du maire de Bilbao
(Espagne), Iñaki Azkuma. «En choisissant Desmond Tutu, le jury a tenu à
attirer l'attention sur le rôle exceptionnel qu'il a joué dans la
construction de la nouvelle Afrique du Sud, démocratique et non raciale
et sur sa contribution inestimable à la reconstruction nationale en tant
que président de la Commission vérité et réconciliation qui est devenue
un modèle pour d'autres sociétés connaissant des situations de
postconflit », souligne un communiqué de l’agence de l’ONU. Le jury a
également souligné «la contribution exceptionnelle de l’archevêque Tutu
au travail des Nations unies et de l'Unesco sur les questions des droits
de l'homme, notamment sur la promotion d'une culture des droits de
l'homme». Le prix Unesco pour la promotion de la culture des droits de
l’homme a été créé en 2008 grâce à une dotation de la ville de Bilbao.
Il consiste en un chèque d'un montant de 30 000 dollars et d’un diplôme
et un trophée de bronze conçu par l'artiste japonais Toshimi Ishii. En
septembre 2012, Desmond Mpila Tutu avait refusé de participer à une
conférence en Afrique du Sud à laquelle avait été invité l’ancien
Premier ministre britannique Tony Blair, en raison du rôle de ce dernier
dans la guerre d’Irak. «C’est lui ou moi», a signifié le prix Nobel aux
organisateurs. Dans un article publié par l’hebdomadaire The Observer,
il s’en est expliqué : «La décision immorale des Etats-Unis et de la
Grande-Bretagne d’envahir l’Irak en 2003, basée sur le mensonge selon
lequel ce pays possédait des armes de destruction massive, a déstabilisé
et polarisé le monde plus qu’aucun autre conflit dans l’histoire»,
a-t-il écrit. «Selon quel critère devons-nous décider que Robert Mugabe
doit être traduit devant la justice internationale, mais que Tony Blair
doit participer au circuit des conférences, que Ben Laden doit être
assassiné, mais que l’Irak doit être envahi, non pas parce qu’il possède
des armes de destruction massive, comme Blair, le premier supporter de
Bush, a fini par l’admettre, mais pour se débarrasser de Saddam Hussein
?» a encore écrit Tutu. «Leadership et morale sont indivisibles. La
question n’est pas de savoir si Saddam Hussein était bon ou mauvais, ou
combien de personnes il a tuées. Je pense que Bush et Blair n’auraient
jamais dû descendre à son niveau d’immoralité. Si on juge acceptable que
des décisions soient prises sur la base d’un mensonge, sans même le
reconnaître ou s’excuser une fois qu’on a été découvert, que
pouvons-nous enseigner à nos enfants ?» s’insurge t-il. Et aussi, quel
monde laissons- nous à nos enfants ?
K. B.
bakoukader@yahoo.fr

Categorie(s): culture

Auteur(s): bakoukader@yahoo.fr

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