Le coup de bill’art du Soir: Le «dardar» de Bensaïd

Lesoir; le Jeudi 20 Decembre 2012
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Par Kader Bakou
A la place de la Grande-Poste, on a fini par ne plus le remarquer.
Là, depuis les années 1980 du siècle dernier, il faisait partie du
décor. Les gens lui ont donné plusieurs noms. Pour certains, c’est
«l’arbre» tout simplement. Pour d’autres, c’est le «dardar de la
Grande-Poste», un arbre de la même espèce que le frêne sous lequel avait
eu la «moubayaâ» de l’Emir Abdelkader en 1832. Il y a aussi ceux qui
l’appellent «le dauphin», car on voit la forme d’un dauphin sculpté à
une des extrémités de ce tronc d’arbre gisant à la Grande-Poste depuis
très longtemps. Cette sculpture en bois, l’œuvre de Nadjib Bensaïd,
vient d’être coupée en plusieurs morceaux par des ouvriers. Les artistes
Karim Sergoua, Djamel Agagnia et Kamel Haddad (Galerie d’art Ahlem)
avaient essayé d’arrêter «le massacre», en vain (que faire quand les
ouvriers vous disent qu’ils ne font qu’exécuter des ordres). «Je viens
de perdre un enfant», a déclaré à chaud le sculpteur Nadjib Bensaïd. «Le
dardar de Bensaïd» aurait pu être déplacé vers un des jardins parcs
situés à quelques dizaines de mètres de là, vers un des parcs de ce
quartier d’Alger-Centre. Cette œuvre d’art a survécu à la canicule, à la
pluie, à la grêle, à la neige de l’hiver dernier et au déluge de l’année
2001. Elle a survécu aux intermittents coups de sirocco et de mistral.
Elle a aussi survécu aux tremblements de terre de 1989 et de 2003. Mais
elle n’a pas survécu à la bêtise humaine !
K. B.
bakoukader@yahoo.fr
PS : Hier soir, nous avons constaté que la partie de la sculpture
où est visible le nageur et son dauphin, est toujours à sa place.

Categorie(s): culture

Auteur(s): lesoir

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