Le coup de bill’art du Soir: Saint-Eugène 2013

Lesoir; le Jeudi 7 Novembre 2013
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Par Kader Bakou
L’Etranger regarde attentivement la plaque en marbre au-dessus de
l’entrée de la mosquée de Bologhine.
«Mosquée El Oumma, fondée en 1945», lit-il à haute voix.
«Son architecte est Abderrahmane Bouchama, membre, à l’époque, du Parti
communiste algérien. D’ailleurs, sa maison est juste à côté de la
mosquée», lui explique l’Ancien, avant de lui montrer une belle villa
dont le portail est décoré de jolies arabesques et de calligraphies
arabes à la gloire de Dieu.
L’Etranger veut voir les anciennes villas et maisons de Saint-Eugène qui
ont gardé leurs plaques d’origine. Son regard est attiré par une
magnifique résidence de style européen.
«Je suis sûr qu’elle appartenait à un Français», dit-il à son ami
algérien. «Non, cher ami ! Lisez ce qui est écrit en arabe et en
français des deux côtés du portail d’entrée : «Omar Mouhoub». En bas,
vous pouvez lire le nom de l’architecte et l’année de la
construction : «Architecte A. Lauro 1898». L’Ancien et l’Etranger
passent devant Le Bijou, puis devant les villas C. Leveilley, S. Joseph,
Louise et Y. Ben Redouan, l’une des plus belles de ce quartier algérois.

Les Falaises se distingue par son architecture de style mauresque. Brise
d’été sur le boulevard Emir-Khaled (ex-boulevard Pitolet) se dresse à
peine une dizaine de mètres d’une petite plage rocheuse.
«Je vois que le quartier n’était pas uniquement européen à l’époque»,
commente l’Etranger. «Il y avait aussi des familles juives comme les
Stora, Ben Simoun et Mashina», précise l’Ancien.
Les deux amis traversent la chaussée. Ils arrivent au Dorothée Cottage.
La route maintenant forme un demi-cercle. Le Chalet des Pingouins a
pratiquement les pieds dans l’eau. L’icône Ave Maria veille encore sur
le quartier.
L’Etranger, qui est chrétien catholique, exprime le vœu de faire un
«pèlerinage» à Notre-Dame d’Afrique.
«Je serais ton guide», lui répond l’Ancien qui, lui, est de confession
musulmane. Ils arrivent au quartier Picardie. «C’est ici que les
pèlerins, jadis, enlevaient leurs chaussures et continuent pieds nus
leur chemin», rappelle l’Ancien à son ami.
Des escaliers relient le Picardie au chemin de Notre-Dame d’Afrique. Les
deux amis passent devant les villas Madeleine et Albert Dahan. Des
voisins se rappellent de Mme Romano et de Mme Jamie qui habitait la
villa Pauline. Les deux amies font une petite halte devant l’immeuble
Ermitage. Quelques dizaines de mètres plus loin, à la fin du chemin des
Pèlerins, ils empruntent des escaliers et arrivent, enfin, à Notre-Dame
d’Afrique.
L’Etranger est subjugué par la magnifique vue sur la baie d’Alger. La
vue de la basilique algéroise lui rappelle «sa sœur» de l’autre côté de
la Méditerranée, la Basilique Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille, son
point de départ.
K. B.
bakoukader@yahoo.fr

Categorie(s): culture

Auteur(s): bakoukader@yahoo.fr

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